Le producteur exécutif fabrique un film ou un programme pour le compte du producteur qui en détient les droits. Il répond du budget et du calendrier, sans porter le risque financier ni la propriété de l’œuvre.
En bref
- Il fabrique le film pour le compte d’un autre producteur, dans le cadre d’un budget arrêté.
- Il n’a ni les droits sur l’œuvre, ni le risque financier : ceux-là appartiennent au producteur délégué.
- C’est lui, en revanche, qui emploie les équipes et signe les contrats.
- Le métier n’a pas de salaire minimum conventionnel : il se rémunère en frais de gestion et en marge.
- On y arrive par la production, rarement en sortie d’école : compter cinq à dix ans de plateau.
Que fait un producteur exécutif au quotidien ?
Le producteur exécutif prend en charge la fabrication d’un film ou d’un programme pour le compte du producteur qui en détient les droits, et répond du respect du budget et du calendrier. Il reçoit un devis validé et un plan de travail, et il lui revient de transformer cet engagement en tournage réel.
Concrètement, il constitue l’équipe et négocie les contrats, arbitre les dépenses poste par poste, suit les autorisations de tournage et les assurances, et alerte quand le devis dérive. Il est le supérieur direct du directeur de production, qui gère le quotidien du plateau. La différence tient à l’échelle : le directeur de production fait tourner la machine, le producteur exécutif répond du résultat devant celui qui l’a mandaté.
Sur un tournage étranger accueilli en France, c’est aussi lui qui porte la demande de crédit d’impôt international : selon le CNC, elle revient à la société de production exécutive établie en France. Ce crédit vaut 30 % des dépenses éligibles réalisées en France, et 40 % pour une fiction dont les effets visuels numériques fabriqués en France dépassent 2 millions d’euros, dans la limite de 30 millions d’euros par œuvre. Il faut au moins 250 000 € de dépenses éligibles, et, pour une fiction, au moins cinq jours de tournage en France, sauf œuvre à effets visuels importants. Le producteur exécutif garantit aussi la conformité sociale et fiscale de la production sur le territoire.

Producteur exécutif ou producteur délégué : quelle différence ?
Le producteur délégué détient les droits sur l’œuvre et porte le risque financier ; le producteur exécutif exécute la fabrication pour son compte, contre rémunération, sans détenir de droits. C’est la distinction la plus mal comprise du métier, et elle est inscrite dans la loi.
L’article L213-24 du code du cinéma définit le producteur délégué comme celui qui a pris l’initiative et la responsabilité financière, artistique et technique de la réalisation de l’œuvre. Le CNC ajoute qu’il en garantit la bonne fin, et que lui seul peut demander l’agrément des investissements. Le producteur exécutif, lui, est défini par le CNC comme la société chargée, conformément au contrat qui la lie au producteur délégué, de réunir les moyens techniques et artistiques et d’assurer la gestion du tournage.
- Droits sur l’œuvre : au producteur délégué, jamais à l’exécutif.
- Risque financier : au producteur délégué, qui garantit la bonne fin.
- Employeur des équipes : le producteur exécutif, dès lors qu’il y a production exécutive.
- Agrément CNC : seul le producteur délégué peut le demander.
Avec qui travaille le producteur exécutif ?
Il travaille en permanence entre le producteur délégué, qui l’a mandaté, et le directeur de production, qui exécute sur le terrain. Sa position est celle d’une charnière, et c’est ce qui rend le métier difficile à apprendre autrement que sur le tas.
Au quotidien il dialogue avec l’administrateur de production sur la paie et les contrats, avec le régisseur général sur la logistique, avec le réalisateur quand un choix de mise en scène a un coût, et avec les financeurs, chaînes, distributeurs ou fonds régionaux, qui attendent des comptes. Sur un tournage international, il devient l’interlocuteur unique de la production étrangère.
Quelles compétences pour devenir producteur exécutif ?
Le métier exige trois compétences que l’on n’acquiert pas au même endroit : la maîtrise du budget, celle du droit social, et la capacité à tenir une équipe sous contrainte.
- Le chiffre : lire un devis, suivre un coût définitif, comprendre un plan de financement et les mécanismes du CNC.
- Le droit : conventions collectives, contrats d’usage, droit des assurances, obligations sociales. Une erreur ici coûte plus cher qu’un dépassement de tournage.
- La conduite d’équipe : dire non à un réalisateur sans casser la relation, arbitrer entre deux postes, décider vite avec une information incomplète.
- L’anglais, dès lors que l’on travaille avec des productions étrangères.
Combien gagne un producteur exécutif ?
Il n’existe pas de salaire minimum conventionnel pour le producteur exécutif : la fonction ne figure pas dans la grille de la convention collective de la production cinématographique, et la convention audiovisuelle la mentionne sans lui associer de montant. Ce n’est pas un oubli. Le producteur exécutif intervient comme société mandatée, rémunérée en frais de gestion et en marge sur le budget, et non comme technicien salarié.
Trois repères existent tout de même, et ce sont les seuls qui soient sourçables. Aucun n’est le salaire d’un producteur exécutif : ce sont des points de comparaison, chacun rattaché au poste qu’il concerne.
| Repère | Montant | À quel poste il se rapporte |
|---|---|---|
| Directeur de production, grille du cinéma | 2 721,64 € brut par semaine, base 39 h | Directeur de production, pas producteur exécutif |
| Films à devis limité, annexe III | 1 542,51 € brut par semaine, plus 2 358,26 € d’intéressement | Directeur de production, pas producteur exécutif |
| Offres d’emploi France Travail, code ROME L1302 | 1 802 à 3 063 € brut par mois | Producteur de film, tous profils de production confondus |
Les deux premiers montants sont ceux du directeur de production, le poste salarié le mieux payé de l’équipe de production. Ils viennent de la grille du titre II de la convention collective de la production cinématographique (IDCC 3097), avenant du 23 janvier 2024, et de l’annexe III, avenant du 26 mars 2025. Le troisième vient de la fiche France Travail du code ROME L1302 et couvre 80 % des offres déposées : c’est une statistique d’offres, pas de revenus réels.
En pratique, la rémunération d’un producteur exécutif se négocie au projet et dépend du budget du film, du volume d’activité de la société et de la part de risque qu’elle accepte. Aucune statistique publique ne la mesure en France.
Quelles études pour devenir producteur exécutif ?
On ne devient pas producteur exécutif à la sortie de l’école : c’est une fonction que l’on atteint après plusieurs années de production, généralement entre cinq et dix ans de plateau. La formation initiale sert à entrer dans la filière, pas à occuper le poste.
Le parcours classique passe par une école de cinéma ou d’audiovisuel, puis par les postes d’assistant de production, de régisseur, d’administrateur ou de chargé de production, avant la direction de production. Un profil gestion ou droit peut aussi entrer par l’administration de production.
À l’ESRA, le cursus Cinéma et Télévision forme en trois ans à l’ensemble de la chaîne de fabrication. Le DHEC Production et Distribution prolonge cette formation en deux ans, jusqu’à un diplôme visé par l’État à Bac+5, avec plus de 700 heures d’enseignement par an. Un module y est consacré à la production exécutive et à la gestion de tournage : organisation, planification, logistique et recrutement des équipes. Les étudiants produisent les films des étudiants du DHEC Scénario et Réalisation, tournés avec les équipes techniques de l’ESRA et de l’ESRA Son. Ils suivent aussi toute l’année les chefs de poste d’un vrai long métrage : en 2025-2026, Un bon petit soldat, de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon.
Quels débouchés et quelle évolution ?
Les producteurs exécutifs exercent le plus souvent au sein de sociétés de production spécialisées, qui vendent leur savoir-faire de fabrication à d’autres producteurs, français ou étrangers.
L’activité se concentre sur trois terrains : le long métrage français en délégation de fabrication, la fiction pour les diffuseurs et les plateformes, et l’accueil de tournages étrangers, soutenu par le crédit d’impôt international. La suite logique du parcours est la production déléguée, c’est-à-dire le passage du statut d’exécutant à celui de porteur de projet et de détenteur de droits.
Sur le marché de l’emploi, France Travail recense, pour l’ensemble des métiers de la production (code ROME L1302, où figure le producteur exécutif), 1 510 offres d’emploi et 7 530 demandeurs d’emploi sur douze mois, au premier trimestre 2026.
Sources : Légifrance, code du cinéma et de l’image animée (article L213-24) et convention collective IDCC 3097 ; CNC, crédit d’impôt international ; France Travail, code ROME L1302. Vérifié le 24 septembre 2026.
Questions fréquentes
Le producteur exécutif est-il salarié ?
Le plus souvent non. Il intervient au titre d’une société de production mandatée, rémunérée en frais de gestion, et non comme technicien relevant de la grille conventionnelle.
Peut-on devenir producteur exécutif sans avoir été directeur de production ?
C’est rare. La direction de production est le passage le plus courant, car elle donne la pratique du devis et du plateau que le poste suppose.
Quelle est la différence avec un directeur de production ?
Le directeur de production gère l’exécution quotidienne du tournage. Le producteur exécutif répond du budget et du calendrier devant le producteur qui l’a mandaté, et il est son supérieur hiérarchique.
Le producteur exécutif touche-t-il des recettes du film ?
Non, sauf accord particulier. Les recettes reviennent au producteur délégué et aux coproducteurs, qui détiennent les droits.
Faut-il parler anglais ?
Pour travailler sur des tournages étrangers accueillis en France, oui : c’est une condition d’accès à une part importante du marché.
Combien gagne un producteur exécutif ?
Il n’existe pas de salaire minimum conventionnel pour ce métier : la fonction ne figure pas dans la grille de la convention collective de la production cinématographique. À titre de repère, le poste salarié le mieux payé de la filière production, le directeur de production, est à 2 721,64 € brut par semaine sur une base de 39 heures (grille des salaires minima du titre II, avenant du 23 janvier 2024).
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