Le distributeur achète le droit d’exploiter un film en salles et organise sa sortie : la date, le nombre de salles, la promotion, les négociations avec les cinémas. Il fait le lien entre le producteur, qui a fabriqué le film, et les exploitants, qui le projettent au public.
En bref
- Il acquiert les droits d’exploitation d’un film, souvent en versant une avance au producteur.
- Il décide de la date de sortie, du nombre de salles et du budget de promotion.
- 812 films inédits sont sortis en salles en France en 2025, selon le CNC.
- Dans la branche, le minimum d’un programmateur est de 1 971,42 € brut par mois, celui d’un directeur de la distribution de 4 726,68 €.
- Il travaille le plus souvent dans une société de distribution, rarement en indépendant.
Que fait un distributeur de films ?
Tout commence par l’acquisition : repérer un film en festival, sur un marché ou dès le scénario, et négocier avec le producteur ou le vendeur les droits pour la France. Le distributeur verse souvent un minimum garanti, une avance que le producteur touche quel que soit le résultat et que le distributeur récupère ensuite sur les recettes.
Vient ensuite la sortie. Il choisit la date en fonction de la concurrence, fixe le nombre de copies, négocie avec les exploitants les salles et les séances, et construit la campagne : affiche, bande-annonce, presse, avant-premières, réseaux sociaux. Après la sortie, il suit les entrées semaine après semaine et décide de maintenir ou non le film à l’affiche.
Le distributeur gère aussi la vie du film après la salle. L’accord du 6 février 2025 sur la chronologie des médias fixe l’ordre des fenêtres : un film peut sortir en vidéo et en vidéo à la demande à l’acte quatre mois après sa sortie en salles, puis sur une chaîne payante de cinéma à neuf mois, ou à six mois au plus tôt pour un service qui a signé un accord avec les organisations du cinéma.

Distributeur, producteur ou exploitant : quelle différence ?
Le producteur fabrique le film et en détient les droits. Le distributeur le commercialise auprès des salles. L’exploitant dirige le cinéma et décide de ce qu’il programme sur ses écrans. Les trois se partagent les recettes de chaque billet vendu.
Le vendeur international est un métier voisin : il vend le film aux distributeurs des autres pays, sur les marchés et les festivals. Certaines sociétés font les deux, distribution en France et ventes à l’étranger.
Avec qui travaille le distributeur ?
Il travaille avec les producteurs et les vendeurs pour acquérir les films, puis avec les programmateurs des salles pour obtenir les meilleures séances. Au sein de la société, le responsable de la programmation négocie avec les cinémas, l’équipe marketing prépare la campagne et le service des ventes cède le film aux chaînes et aux plateformes.
Il s’appuie aussi sur des prestataires extérieurs : attachés de presse, agences de création pour l’affiche et la bande-annonce, laboratoires pour les copies numériques.
Quelles compétences pour devenir distributeur ?
Il faut d’abord savoir juger un film et son public : sentir ce qui peut marcher, et pour qui. Il faut aussi maîtriser les chiffres, car chaque sortie est un pari financier : prix d’acquisition, frais d’édition, nombre d’entrées nécessaires pour rentrer dans ses frais.
Le métier demande enfin un vrai sens de la négociation, avec les producteurs comme avec les exploitants, une bonne connaissance du parc de salles et du calendrier des sorties, et l’anglais, indispensable sur les marchés internationaux.
Combien gagne un distributeur ?
Dans les sociétés de distribution, les salaires minima sont fixés par poste. Un programmateur confirmé a un minimum de 1 971,42 € brut par mois, un responsable de la programmation de 2 991,12 € et un directeur de la distribution de 4 726,68 €.
| Poste | Niveau | Minimum brut mensuel |
|---|---|---|
| Assistant programmateur | Junior, employé | 1 766,93 €, porté au SMIC : 1 867,02 € |
| Chargé des acquisitions | Junior, agent de maîtrise | 1 955,97 € |
| Programmateur | Confirmé, agent de maîtrise | 1 971,42 € |
| Responsable de la programmation | Confirmé, cadre | 2 991,12 € |
| Directeur de la programmation ou des ventes | Cadre | 4 201,38 € |
| Directeur de la distribution | Expert, cadre | 4 726,68 € |
Ces montants viennent de l’accord du 23 octobre 2023 relatif aux salaires minimaux des conventions collectives de la distribution de films (IDCC 892 et 716), étendu par arrêté du 18 décembre 2023. Le minimum de l’assistant programmateur est aujourd’hui inférieur au SMIC, qui s’élève à 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026 : c’est donc le SMIC qui s’applique. Ce sont des minima, négociables à la hausse.
Le marché est exigeant. Selon le bilan 2025 du CNC, les salles françaises ont réalisé 156,2 millions d’entrées en 2025, en baisse de 14 % sur un an, pour 812 films inédits sortis, en hausse de 9,3 %. Les films français ont représenté 37,9 % des entrées. Plus de films se partagent donc moins de spectateurs, ce qui rend chaque sortie plus risquée.
Quelles études pour travailler dans la distribution ?
La distribution recrute surtout des profils formés à l’économie du cinéma, au marketing ou au droit, avec une vraie culture cinématographique. On entre souvent par un stage ou un poste d’assistant en programmation, en marketing ou en acquisitions.
À l’ESRA, le DHEC Production et Distribution est un programme de deux ans après un Bac+3, qui délivre un diplôme visé par l’État à Bac+5. Avec plus de 700 heures d’enseignement par an, il couvre le financement, le marketing, le juridique, la diffusion et la coproduction internationale, à partir d’études de cas réels. Parmi les anciens du DHEC, Arthur Pawlowski (promotion 2018) est distributeur chez Universal Pictures et Tom Abrami (promotion 2017) responsable de la programmation chez Universal Studios France.
Quels débouchés et quelle évolution ?
Les employeurs sont les sociétés de distribution, des grands groupes aux distributeurs indépendants spécialisés dans le cinéma d’auteur, mais aussi les vendeurs internationaux, les plateformes et les chaînes qui achètent des films. Les postes d’entrée sont en programmation, en marketing, en acquisitions ou en administration des ventes.
L’évolution mène vers la direction de la programmation, du marketing ou des acquisitions, puis vers la direction de la distribution. Certains créent leur propre société, souvent spécialisée dans un genre ou un type de films.
Sources : Légifrance, accord du 23 octobre 2023 relatif aux salaires minimaux de la distribution de films et accord du 6 février 2025 sur la chronologie des médias ; CNC, bilan 2025 ; SMIC au 1er juin 2026. Vérifié le 24 septembre 2026.
Questions fréquentes
Que fait un distributeur de films ?
Il achète les droits d’exploitation d’un film en salles, choisit sa date de sortie et le nombre de salles, négocie avec les cinémas et organise la promotion. Il gère ensuite la vie du film sur les autres écrans.
Combien gagne un distributeur ?
Selon l’accord du 23 octobre 2023 sur les salaires de la distribution de films, le minimum est de 1 971,42 € brut par mois pour un programmateur confirmé, de 2 991,12 € pour un responsable de la programmation et de 4 726,68 € pour un directeur de la distribution.
Quelle différence entre distributeur et exploitant ?
Le distributeur commercialise le film auprès des cinémas. L’exploitant dirige la salle et décide de sa programmation. Les deux se partagent, avec le producteur, les recettes de chaque billet.
Combien de temps après la salle un film arrive-t-il en VOD ?
Selon l’accord du 6 février 2025 sur la chronologie des médias, un film peut être proposé en vidéo et en vidéo à la demande à l’acte quatre mois après sa sortie en salles. Ce délai peut être réduit de quatre semaines au plus pour les films qui remplissent certaines conditions de résultats en salles.
Qu'est-ce qu'un minimum garanti ?
C’est une avance que le distributeur verse au producteur pour acquérir les droits d’un film. Le producteur la conserve quel que soit le résultat, et le distributeur la récupère sur les recettes avant de reverser la suite.
Quelles études pour travailler dans la distribution de films ?
Une formation en économie du cinéma, en production ou en marketing culturel est la voie la plus courante. À l’ESRA, le DHEC Production et Distribution prépare en deux ans après un Bac+3 à un diplôme visé par l’État à Bac+5.
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