Pour devenir intermittent du spectacle, il faut avoir travaillé au moins 507 heures dans le spectacle, le cinéma ou l’audiovisuel au cours des 12 mois qui précèdent la fin de son dernier contrat. On ouvre alors un droit à l’allocation chômage pour 12 mois, au titre de l’annexe 8 pour les techniciens ou de l’annexe 10 pour les artistes. Ces règles s’appliquent depuis le 1er août 2016 et ont été reconduites par la convention d’assurance chômage de 2024.
Rédaction ESRA, règles vérifiées le 13 octobre 2026 auprès de France Travail, de l’Unédic et de service-public.fr.
507 h
de travail sur 12 mois pour ouvrir des droits
12 mois
d’indemnisation, jusqu’à la date anniversaire
12 h
par cachet pour un artiste, 28 cachets par mois au plus
338 h
de formation et d’enseignement au plus dans le calcul
38 €
brut par jour au minimum, 44 € pour un artiste
Sommaire
- Qu’est-ce que l’intermittence du spectacle ?
- Qui peut être intermittent dans le cinéma et l’audiovisuel ?
- Combien d’heures faut-il pour être intermittent ?
- Comment sont comptés les cachets, l’enseignement et la formation ?
- Quelle différence entre un CDD d’usage et un CDD classique ?
- Comment est calculée l’allocation d’un intermittent ?
- Que se passe-t-il sans 507 heures à la date anniversaire ?
- À quoi servent Audiens et les Congés Spectacles ?
- Qu’est-ce qui change pour un jeune diplômé ?
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’intermittence du spectacle ?
L’intermittence n’est ni un statut ni un contrat. C’est un régime d’assurance chômage propre aux artistes et aux techniciens du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel. Il indemnise les périodes sans travail entre deux contrats courts.
Ses règles figurent dans deux annexes du règlement d’assurance chômage : l’annexe 8 pour les ouvriers et techniciens, l’annexe 10 pour les artistes. La convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, en vigueur depuis le 1er janvier 2025 pour quatre ans, les a maintenues « à l’identique », selon le ministère de la Culture.
En 2025, environ 141 000 personnes étaient couvertes chaque mois par ces deux annexes, selon l’Unédic.
| Annexe 8 | Annexe 10 | |
|---|---|---|
| Pour qui | Ouvriers et techniciens | Artistes |
| Travail déclaré | Heures réelles | 1 cachet = 12 heures, 28 cachets par mois au plus |
| Seuil d’ouverture | 507 heures sur 12 mois | 507 heures sur 12 mois |
| Allocation minimale | 38 € brut par jour | 44 € brut par jour |
Qui peut être intermittent dans le cinéma et l’audiovisuel ?
Peut être intermittent tout artiste ou technicien embauché en contrat à durée déterminée par un employeur du spectacle, du cinéma ou de l’audiovisuel.
Pour les techniciens, l’annexe 8 pose deux conditions. L’employeur doit relever d’un secteur de la liste, défini par son code d’activité (NAF) et sa convention collective : production cinématographique, production audiovisuelle, films d’animation, prestataires techniques, notamment. Le poste occupé doit aussi figurer sur la liste des fonctions de ce secteur. Un contrat hors liste ne compte pas.
Pour les artistes, c’est l’annexe 10 : comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs, notamment, au sens du Code du travail.
À noter. Un avenant du 10 avril 2026, agréé par arrêté du 19 juin 2026, met à jour à compter du 1er janvier 2027 les codes d’activité et les conventions collectives de l’annexe 8. Il ne change ni le seuil de 507 heures, ni la liste des fonctions.
Combien d’heures faut-il pour être intermittent ?
Il faut 507 heures de travail, ou d’heures assimilées, dans les 12 mois qui précèdent la fin du contrat retenu pour ouvrir les droits.
S’ajoutent les conditions communes à tout demandeur d’emploi :
- être inscrit à France Travail et rechercher un emploi ;
- résider en France, hors Mayotte ;
- être physiquement apte à travailler ;
- ne pas avoir démissionné de son dernier emploi, sauf à avoir travaillé au moins 455 heures depuis ;
- ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein, ni 67 ans.
Le droit dure 12 mois. Son terme s’appelle la « date anniversaire ». À cette date, France Travail réexamine le dossier et recherche à nouveau 507 heures, sur les 12 mois qui précèdent la dernière fin de contrat.
Comment sont comptés les cachets, l’enseignement et la formation ?
Un artiste déclare des cachets : chaque cachet vaut 12 heures, quel que soit l’employeur, dans la limite de 28 cachets par mois. Un technicien déclare ses heures réelles.
Les heures d’enseignement artistique ou technique comptent aussi, à trois conditions :
- être données dans un établissement agréé par l’arrêté du 23 mars 2017 ;
- porter sur le métier exercé ;
- ne pas dépasser 70 heures avant 50 ans, et 120 heures à partir de 50 ans.
Les périodes de formation professionnelle comptent également, si elles ne sont pas rémunérées par l’assurance chômage. Formation et enseignement réunis ne peuvent pas dépasser 338 heures, soit les deux tiers des 507 heures.
Quelle différence entre un CDD d’usage et un CDD classique ?
Le CDD d’usage, ou CDDU, est le contrat le plus courant dans le cinéma. Le Code du travail l’autorise dans les secteurs où l’usage est de ne pas recourir au CDI (articles L1242-2 et D1242-1), dont le spectacle, l’audiovisuel, la production cinématographique et l’édition phonographique.
Deux différences avec un CDD classique, selon service-public.fr :
- pas de prime de fin de contrat, sauf si la convention collective la prévoit ;
- pas de délai de carence entre deux contrats successifs.
Le salaire minimum dépend du poste et de la convention collective. Il est indiqué sur nos fiches métiers, par exemple celles du perchman, du régisseur ou de la scripte.
Comment est calculée l’allocation d’un intermittent ?
L’allocation journalière se compose de trois parts : une part liée aux salaires, une part liée aux heures travaillées et une part fixe. La formule diffère entre l’annexe 8 et l’annexe 10.
Elle ne peut pas être inférieure à 38 € brut par jour pour l’annexe 8, et à 44 € pour l’annexe 10.
Chaque mois, les jours travaillés réduisent le nombre de jours indemnisés, selon un coefficient propre à chaque annexe. Salaires et allocation réunis ne peuvent pas dépasser 118 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 725,90 € brut en 2026.
S’y ajoutent un délai d’attente de 7 jours, appliqué une fois par période de 12 mois, et deux franchises : l’une liée aux congés payés, l’autre aux salaires. France Travail propose un simulateur pour estimer ses droits.
Ordre de grandeur : selon l’Unédic, la dépense moyenne s’élève à 13 410 € brut par allocataire en 2025, soit environ 1 117 € par mois.
Que se passe-t-il sans 507 heures à la date anniversaire ?
Le droit n’est pas renouvelé. La clause de rattrapage peut toutefois prolonger l’indemnisation de six mois au plus, au montant de la dernière allocation journalière. Elle suppose trois conditions :
- avoir au moins 338 heures à la date anniversaire ;
- justifier de cinq ans d’affiliation sur les dix dernières années : cinq ouvertures de droits en annexe 8 ou 10, ou 2 535 heures ;
- en faire la demande dans les 30 jours qui suivent la notification du refus.
Une fois les droits épuisés, l’État peut verser, sous conditions, l’allocation de professionnalisation et de solidarité (APS) ou l’allocation de fin de droits (AFD).
Et « l’année blanche » ? Cette mesure Covid a prolongé jusqu’au 31 décembre 2021 les droits arrivés à échéance à partir du 1er mars 2020. Elle n’existe plus.
À quoi servent Audiens et les Congés Spectacles ?
Un intermittent ne prend pas ses congés payés chez chaque employeur. Ils sont gérés par la Caisse des Congés Spectacles, financée par une cotisation des employeurs recouvrée par Audiens (articles D7121-28 et suivants du Code du travail). Chaque année, c’est à l’intermittent d’en faire la demande auprès de la caisse.
Audiens, groupe de protection sociale de la culture et des médias, gère aussi la retraite complémentaire, la prévoyance et la complémentaire santé.
Ces congés pèsent sur l’allocation : France Travail applique une franchise de 2,5 jours par période de 24 jours travaillés, dans la limite de 30 jours.
Qu’est-ce qui change pour un jeune diplômé ?
Rien de particulier : en 2026, un jeune diplômé ouvre ses droits aux mêmes conditions que les autres, avec 507 heures en 12 mois.
La mesure Covid qui abaissait le seuil à 338 heures pour les moins de 30 ans ne visait que les premières ouvertures de droits, pour des contrats terminés entre le 1er septembre 2021 et le 28 février 2022. La clause de rattrapage, elle, exige cinq ans d’ancienneté : elle ne joue pas en début de carrière.
Trois points d’attention :
S’inscrire au bon moment
Avec moins de 507 heures mais au moins six mois d’affiliation, par exemple grâce à des emplois étudiants, l’inscription ouvre un droit au régime général. Les heures de spectacle utilisées ne pourront plus servir pour l’intermittence. France Travail conseille de s’inscrire une fois les 507 heures atteintes.
Le droit d’option
Si un droit au régime général est déjà ouvert, on peut y renoncer pour l’annexe 8 ou 10 : il faut que l’allocation actuelle soit de 20 € par jour ou moins, ou que le droit intermittent soit supérieur d’au moins 30 %. Ce choix est définitif.
Déclarer chaque mois
L’employeur envoie à France Travail une attestation mensuelle (AEM) au plus tard le 15 du mois suivant. Vous actualisez votre situation chaque mois ; un artiste déclare ses cachets en cachets, pas en heures.
Questions fréquentes
Peut-on devenir intermittent dès la sortie d'école ?
Oui, dès 507 heures de travail dans le spectacle, le cinéma ou l’audiovisuel sur 12 mois. Aucun diplôme ni âge minimum n’est exigé.
Un stage compte-t-il dans les 507 heures ?
Non. Un stagiaire n’est pas salarié et ne cotise pas à l’assurance chômage. Seules comptent les heures de travail salarié et les heures assimilées : formation professionnelle et enseignement.
Un technicien de cinéma est-il payé au cachet ?
Non. Le cachet concerne les artistes de l’annexe 10. Les techniciens de l’annexe 8 déclarent leurs heures réelles.
L'année blanche existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. Elle a pris fin le 31 décembre 2021.
Combien de temps dure l'indemnisation ?
Douze mois, jusqu’à la date anniversaire, où France Travail réexamine le droit. Sans 507 heures, la clause de rattrapage peut la prolonger de six mois au plus.
Les métiers du tournage, fiche par fiche
Missions, études et salaire minimum.
Missions, études et salaire minimum.
Missions, études et salaire minimum.
Missions, études et salaire minimum.
Sources
- France Travail, guide « Intermittents du spectacle », septembre 2026
- France Travail, « Les premiers pas dans l’intermittence du spectacle », février 2026
- France Travail, « Les heures d’enseignement artistique ou technique »
- France Travail, « Intermittent du spectacle : le droit d’option »
- Unédic, annexe 8 au règlement d’assurance chômage (convention du 15 novembre 2024)
- Unédic, annexe 10 au règlement d’assurance chômage (convention du 15 novembre 2024)
- Unédic, « Les intermittents du spectacle couverts par l’Assurance chômage en 2025 », 22 septembre 2026
- Unédic, agrément de l’avenant n° 2 à la convention d’assurance chômage, 24 juin 2026
- Ministère de la Culture, entrée en vigueur de la convention du 15 novembre 2024, 31 décembre 2024
- Ministère de la Culture, mesures à compter du 1er septembre 2021, 5 août 2021
- Service-public.fr, « Embauche en contrat d’extra (CDD d’usage) »
- Audiens, Caisse des Congés Spectacles
Ces règles sont générales. Seul France Travail peut calculer vos droits à partir de votre situation.
Formations proposées à ESRA Paris
L’école propose des formations post bac dans les trois domaines de l’audiovisuel. Ces formations délivrent un diplôme visé par l’État et reconnu par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Producteur, Réalisateur, Monteur
Audiovisuel, Sonorisation, Musique,
Radio, Jeux Vidéos
Animation, Compositing 3D & VFX, Gestion & Production, Modélisation

