Les séries françaises à regarder au moins une fois

27 octobre 2026
Scène de la série Dix pour cent (saison 4), photo Shanna Besson, France TV Pro

La création sérielle française n’a jamais été aussi vive. Du thriller d’espionnage à la comédie d’auteur, (re)découvrez une sélection des séries françaises les plus marquantes de ces dernières années, à regarder au moins une fois. Une envie d’écriture ou de réalisation ? Explorez nos formations Cinéma & Télévision.

Trois repères pour comprendre la série française

L’ORTF et ses grandes fictions (1964-1974)

Pendant dix ans, l’Office de radiodiffusion-télévision française produit des feuilletons ambitieux, parfois confiés à des cinéastes : Maurice Pialat tourne La Maison des bois en 1971, Claude Barma adapte Les Rois maudits en 1972. L’Office disparaît le 31 décembre 1974 ; TF1, Antenne 2 et FR3 naissent de son éclatement.

Le label « Création originale » de Canal+ (à partir de 2005)

Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction de Canal+ à partir de 2002, invente ce label. Engrenages, lancée en 2005 et nourrie des séries américaines à suspense, ouvre la voie à Carlos, Les Revenants, Le Bureau des légendes et Baron noir.

La reconnaissance internationale (années 2010)

Le festival Séries Mania naît en 2010 au Forum des images, à Paris, puis s’installe à Lille en 2018. Les International Emmy Awards distinguent Les Revenants en 2013, Engrenages en 2015 et Dix pour cent en 2021, et plusieurs séries françaises sont adaptées à l’étranger.

Les séries françaises incontournables

Affiche de la série 3 fois Manon (Jean-Xavier de Lestrade, 2014)

3 fois Manon (2014)

Créateur : Jean-Xavier de Lestrade.

Avec : Alba Gaïa Bellugi (Manon Vidal), Marina Foïs (Monique, sa mère), Yannick Choirat (Lucas Rivière, son éducateur).

Synopsis : Une adolescente placée en centre éducatif fermé tente de se reconstruire après un geste de violence.

Pourquoi le voir ? Mini-série sensible et juste sur l’enfance cabossée, signée d’un documentariste oscarisé.

À savoir : Trois épisodes coécrits par Jean-Xavier de Lestrade et Antoine Lacomblez. Le réalisateur avait reçu en 2002 l’Oscar du meilleur documentaire pour Un coupable idéal. Couronnée du FIPA d’or de la fiction à Biarritz en 2014, la mini-série a eu une suite sur Arte en 2017, Manon 20 ans, toujours avec Alba Gaïa Bellugi.

Affiche de la série Dix pour cent (Fanny Herrero, 2015)

Dix pour cent (2015)

Créatrice : Fanny Herrero.

Avec : Camille Cottin (Andréa Martel), Thibault de Montalembert (Mathias Barneville), Grégory Montel (Gabriel Sarda).

Synopsis : Le quotidien mouvementé des agents artistiques d’une agence parisienne, entre stars capricieuses et crises internes.

Pourquoi le voir ? Comédie devenue phénomène international, portée par ses guests et son écriture d’ensemble.

À savoir : L’idée de départ vient du producteur Dominique Besnehard ; le titre, qui désigne la commission des agents, a été suggéré par Danièle Thompson. Les invités jouent leur propre rôle, et plus d’une dizaine d’acteurs ont refusé de le faire pour la première saison, ce qui a obligé à réécrire certains épisodes. Nommée à l’International Emmy de la comédie en 2016, la série l’emporte en 2021 pour sa quatrième saison.

Affiche de la série Baron noir (Éric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, 2016)

Baron noir (2016)

Créateurs : Éric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon.

Avec : Kad Merad (Philippe Rickwaert), Anna Mouglalis (Amélie Dorendeu), Niels Arestrup (Francis Laugier).

Synopsis : Un député du Nord, trahi par son camp, entreprend une reconquête politique sans merci.

Pourquoi le voir ? Le grand thriller politique français, âpre, documenté et haletant.

À savoir : Avant d’écrire la série, Éric Benzekri a milité à gauche et travaillé au cabinet de Jean-Luc Mélenchon, alors ministre délégué. Faute d’autorisation au Palais-Bourbon, l’équipe a filmé l’Assemblée dans le palais de justice de Bordeaux. La troisième saison s’inspire du mouvement des Gilets jaunes.

Affiche de la série Bref (Kyan Khojandi et Bruno Muschio, 2011)

Bref (2011)

Créateurs : Kyan Khojandi et Bruno Muschio.

Avec : Kyan Khojandi (le narrateur), Bérengère Krief (Marla), Keyvan Khojandi (Keyvan, son frère).

Synopsis : En capsules ultra-rapides, le quotidien d’un trentenaire parisien un peu paumé.

Pourquoi le voir ? Objet télévisuel culte au montage frénétique, qui a marqué toute une génération.

À savoir : 82 épisodes d’environ deux minutes, diffusés sur Canal+ du 29 août 2011 au 12 juillet 2012. Le 6 octobre 2011, la série dépasse les 2,5 millions de téléspectateurs. Le héros revient quatorze ans plus tard sur Disney+ avec Bref. 2 (février 2025), six épisodes d’une trentaine de minutes.

Affiche de la série Carlos (Olivier Assayas, 2010)

Carlos (2010)

Réalisateur : Olivier Assayas.

Avec : Édgar Ramírez (Carlos), Alexander Scheer (Johannes Weinrich), Nora von Waldstätten (Magdalena Kopp).

Synopsis : L’ascension et la chute du terroriste Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, sur trois décennies et trois continents.

Pourquoi le voir ? Fresque-fleuve d’Assayas, portée par Édgar Ramírez, entre film et série d’auteur.

À savoir : Diffusée en trois parties sur Canal+ en mai et juin 2010, la version intégrale, de plus de cinq heures, est montrée hors compétition à Cannes. Sept mois de tournage dans des pays comme l’Allemagne, la Hongrie, le Liban ou le Maroc, et des dialogues en anglais, français, espagnol, arabe, allemand ou japonais. Depuis sa prison, Carlos a dénoncé des falsifications et tenté de bloquer la diffusion : la justice l’a débouté.

Affiche de la série D'argent et de sang (Xavier Giannoli, 2023)

D’argent et de sang (2023)

Créateur : Xavier Giannoli.

Avec : Vincent Lindon (Simon Weynachter), Ramzy Bedia (Alain Fitoussi), Niels Schneider (Jérôme Attias).

Synopsis : L’histoire vraie d’une gigantesque escroquerie à la taxe carbone, et de l’homme qui a voulu la faire tomber.

Pourquoi le voir ? Thriller financier ample et vénéneux, mise en scène de cinéma pour la télévision.

À savoir : D’après le livre du journaliste Fabrice Arfi (2018) sur la fraude à la TVA sur les quotas de carbone de 2008-2009, que la Cour des comptes a chiffrée à 1,6 milliard d’euros pour l’État. Les six premiers épisodes ont été présentés hors compétition à la Mostra de Venise en 2023. Les personnages de Ramzy Bedia et de Niels Schneider s’inspirent de Marco Mouly et d’Arnaud Mimran.

Affiche de la série Engrenages (Alexandra Clert et Guy-Patrick Sainderichin, 2005)

Engrenages (2005)

Créateurs : Alexandra Clert et Guy-Patrick Sainderichin.

Avec : Caroline Proust (la capitaine Laure Berthaud), Philippe Duclos (le juge François Roban), Audrey Fleurot (Joséphine Karlsson).

Synopsis : Dans les rouages de la police, de la justice et du barreau parisiens, un juge, une capitaine, un substitut du procureur et une avocate affrontent la part sombre de la ville.

Pourquoi le voir ? Le grand polar procédural français, réaliste et sans concession, référence du genre.

À savoir : Alexandra Clert était avocate pénaliste quand elle a imaginé la série, diffusée sur Canal+ de 2005 à 2020, en huit saisons et 86 épisodes. Un vrai juge antiterroriste, le juge Thiel, a conseillé l’équipe. Sous le titre Spiral, elle devient en 2006 la première série en langue française diffusée par la chaîne britannique BBC Four.

Affiche de la série Hippocrate (Thomas Lilti, 2018)

Hippocrate (2018)

Créateur : Thomas Lilti.

Avec : Louise Bourgoin (Chloé Antovska), Alice Belaïdi (Alyson Lévêque), Karim Leklou (Arben Bascha).

Synopsis : De jeunes internes livrés à eux-mêmes font tourner un service hospitalier en crise.

Pourquoi le voir ? Chronique hospitalière juste et haletante, portée par le regard de médecin de Thomas Lilti.

À savoir : La série prolonge le film Hippocrate (2014) de Thomas Lilti, médecin de formation. Le service est reconstitué dans une aile désaffectée de l’hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois. Au printemps 2020, le tournage de la saison 2 étant suspendu par le confinement, Lilti donne du matériel du plateau à cet hôpital et y reprend du service quelques semaines, une expérience qui l’amène à réécrire la saison.

Affiche de la série L'École du pouvoir (Raoul Peck, 2009)

L’École du pouvoir (2009)

Réalisateur : Raoul Peck.

Avec : Robinson Stévenin (Abel Karnonski), Céline Sallette (Laure de Cigy), Élodie Navarre (Caroline Séguier).

Synopsis : À partir de 1977, une promotion de l’ENA voit ses idéaux se heurter aux réalités du pouvoir, à l’approche de l’alternance.

Pourquoi le voir ? Regard critique et incarné sur la fabrique des élites françaises, signé Raoul Peck.

À savoir : Les héros appartiennent à la promotion Voltaire, sortie de l’ENA en 1980 : celle de François Hollande, Ségolène Royal et Dominique de Villepin. Raoul Peck a repris le projet du Britannique Peter Kosminsky, qui reste crédité au scénario. Les deux épisodes d’environ deux heures sont d’abord diffusés sur Canal+ en janvier 2009, puis sur Arte.

Affiche de la série La Maison des bois (Maurice Pialat, 1971)

La Maison des bois (1971)

Réalisateur : Maurice Pialat.

Avec : Pierre Doris (Albert Picard), Jacqueline Dufranne (Jeanne Picard), Hervé Lévy (Hervé).

Synopsis : Pendant la Première Guerre mondiale, un petit Parisien est placé dans une famille de la campagne.

Pourquoi le voir ? Chef-d’œuvre télévisuel de Pialat, d’une tendresse et d’une vérité rares.

À savoir : Sept épisodes coproduits par l’ORTF et la RAI, diffusés de septembre à octobre 1971. Pialat, qui n’avait alors signé qu’un long métrage, L’Enfance nue, y joue l’instituteur et dirige surtout des acteurs non professionnels ; il tenait la série pour son plus beau travail. Restaurée en 4K par l’INA en 2024, elle est sortie pour la première fois en salles aux États-Unis en 2026.

Affiche de la série Le Bureau des légendes (Éric Rochant, 2015)

Le Bureau des légendes (2015)

Créateur : Éric Rochant.

Avec : Mathieu Kassovitz (Guillaume Debailly, dit Malotru), Sara Giraudeau (Marina Loiseau), Jean-Pierre Darroussin (Henri Duflot).

Synopsis : Au cœur de la DGSE, les agents clandestins du « Bureau des légendes » risquent leur identité et leur vie sur le terrain.

Pourquoi le voir ? Sommet de la série d’espionnage française, d’une rigueur et d’une tension exceptionnelles.

À savoir : Cinq saisons et 50 épisodes sur Canal+, d’avril 2015 à mai 2020 ; Éric Rochant a confié les deux derniers à Jacques Audiard. Mathieu Kassovitz reçoit le prix d’interprétation du jury de la presse internationale à Séries Mania en 2015. Les Américains en ont tiré The Agency (2024), avec Michael Fassbender.

Affiche de la série Les Revenants (Fabrice Gobert, 2012)

Les Revenants (2012)

Créateur : Fabrice Gobert.

Avec : Anne Consigny (Claire Séguret), Yara Pilartz (Camille Séguret), Clotilde Hesme (Adèle Werther).

Synopsis : Dans une petite ville de montagne, des morts réapparaissent, intacts, comme si le temps n’avait pas passé.

Pourquoi le voir ? Fantastique atmosphérique salué mondialement, musique de Mogwai à l’appui.

À savoir : La série s’inspire du film Les Revenants de Robin Campillo (2004). Elle a été tournée surtout à Annecy et dans les communes voisines, le barrage étant celui de Tignes. Également récompensée par un Peabody Award, elle a eu un remake américain, The Returned, diffusé sur A&E en 2015 et arrêté après une saison.

Affiche de la série Sambre (Alice Géraud, Marc Herpoux et Jean-Xavier de Lestrade, 2023)

Sambre (2023)

Créateurs : Alice Géraud, Marc Herpoux et Jean-Xavier de Lestrade.

Avec : Alix Poisson (Christine Labot), Olivier Gourmet (le commandant Étienne Winckler), Jonathan Turnbull (Enzo Salina).

Synopsis : Sur trente ans, l’enquête sur un violeur en série et les défaillances qui ont laissé ses victimes sans réponse.

Pourquoi le voir ? Série-enquête glaçante sur le déni institutionnel, d’après une histoire vraie.

À savoir : D’après le livre d’Alice Géraud, Sambre. Radioscopie d’un fait divers (2023), sur l’affaire Dino Scala, arrêté en 2018 et condamné en 2022 à vingt ans de réclusion. Les six épisodes suivent chacun un personnage et une année, de 1988 à 2018 : une victime, une juge, une maire, une chercheuse, un commandant, puis le violeur. France Télévisions a annoncé le meilleur démarrage de l’histoire de sa plateforme, avec plus d’un million de vues en deux jours.

Affiche de la série Un village français (Frédéric Krivine, Philippe Triboit et Emmanuel Daucé, 2009)

Un village français (2009)

Créateurs : Frédéric Krivine, Philippe Triboit et Emmanuel Daucé.

Avec : Robin Renucci (Daniel Larcher), Audrey Fleurot (Hortense Larcher), Thierry Godard (Raymond Schwartz).

Synopsis : La vie d’une commune du Jura sous l’Occupation, de 1940 à la Libération et au-delà.

Pourquoi le voir ? Fresque historique magistrale sur la France occupée, sept saisons d’une justesse rare.

À savoir : Villeneuve, la commune de la série, est imaginaire. L’historien Jean-Pierre Azéma a servi de conseiller. Les 72 épisodes ont demandé environ 700 jours de tournage, achevé en juillet 2017, et la dernière saison projette les personnages dans leur avenir par des flash-forwards.

Affiche de la série En thérapie (Éric Toledano et Olivier Nakache, 2021)

En thérapie (2021)

Créateurs : Éric Toledano et Olivier Nakache.

Avec : Frédéric Pierrot (Philippe Dayan), Mélanie Thierry (Ariane), Reda Kateb (Adel).

Synopsis : Au lendemain des attentats de novembre 2015, un psychanalyste reçoit ses patients semaine après semaine et vacille à son tour.

Pourquoi le voir ? Adaptation française magistrale de la série israélienne BeTipul, portée par un casting d’exception, qui fait du cabinet un huis clos bouleversant.

À savoir : Chaque épisode, d’une trentaine de minutes, correspond à une séance. Toledano et Nakache se partagent la réalisation avec notamment Pierre Salvadori, Nicolas Pariser et Mathieu Vadepied. Le 11 mars 2021, la première saison dépasse les 36,5 millions de vues : un record pour la plateforme arte.tv.

Par où commencer ?

Pour l’espionnage et le polar : Le Bureau des légendes, puis Engrenages.

Pour rire : Dix pour cent et Bref.

Pour la politique : Baron noir, puis L’École du pouvoir.

Pour les histoires vraies : Sambre, D’argent et de sang et Carlos.

Questions fréquentes

Quelles séries françaises ont remporté un International Emmy Award ?

Dans cette sélection, trois : Les Revenants (meilleure série dramatique, 2013), Engrenages (meilleure série dramatique, 2015) et Dix pour cent (meilleure comédie, 2021).

Quelles séries françaises ont eu un remake américain ?

Les Revenants est devenue The Returned (A&E, 2015) et Le Bureau des légendes a inspiré The Agency (2024), avec Michael Fassbender. À l’inverse, En thérapie adapte elle-même une série israélienne, BeTipul.

Quelles séries françaises sont tirées d'histoires vraies ?

Sambre revient sur l’affaire du violeur de la Sambre, D’argent et de sang sur la fraude à la TVA sur les quotas de carbone, et Carlos sur le parcours du terroriste Ilich Ramírez Sánchez.

Qu'est-ce que Séries Mania ?

Le grand festival de séries en France, fondé en 2010 par Laurence Herszberg au Forum des images, à Paris, et installé à Lille depuis 2018. En 2015, Mathieu Kassovitz y a reçu un prix d’interprétation pour Le Bureau des légendes.

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L’école propose des formations post bac dans les trois domaines de l’audiovisuel. Ces formations délivrent un diplôme visé par l’État et reconnu par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

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