Éveillez votre passion pour le cinéma en (re)découvrant les grands classiques du cinéma chinois, de la Chine continentale à Hong Kong et Taïwan. Installez-vous confortablement avec un bol de pop-corn, et laissez-vous porter par ces œuvres incontournables. Voici une sélection de quinze films chinois cultes à voir au moins une fois dans sa vie. Et si ces chefs-d’œuvre vous donnent envie de passer derrière la caméra, découvrez nos formations Cinéma & Télévision.
Trois repères pour comprendre le cinéma chinois
Le wu xia, le film de chevalerie (depuis la fin des années 1920)
Ses héros sont des chevaliers errants qui redressent les torts par le sabre et les arts martiaux. Le genre apparaît au cinéma à la fin des années 1920, puis connaît son âge d’or à Hong Kong dans les années 1960 et 1970, avec la Shaw Brothers : L’Hirondelle d’or de King Hu (1966), puis Un seul bras les tua tous de Chang Cheh (1967), premier film à dépasser le million de dollars de Hong Kong de recettes sur place. Tigre et dragon d’Ang Lee (2000) le popularise en Occident.
Les Nouvelles Vagues de Hong Kong et de Taïwan (1979-1987)
À Hong Kong, une nouvelle génération éclot en 1979 avec The Butterfly Murders de Tsui Hark et The Secret d’Ann Hui. À Taïwan, le film à sketches In Our Time (1982), dont Edward Yang signe un segment, lance le Nouveau Cinéma taïwanais, porté aussi par Hou Hsiao-hsien. Le manifeste de 1987 en marque la fin ; deux ans plus tard, La Cité des douleurs de Hou remporte le Lion d’or à Venise.
Les cinquième et sixième générations (depuis 1982)
Diplômés de l’Académie du cinéma de Pékin en 1982, Chen Kaige et Zhang Yimou révèlent un nouveau cinéma chinois : Terre jaune (1984), réalisé par Chen et photographié par Zhang, puis Le Sorgho rouge, premier film de Zhang et Ours d’or en 1988. La génération suivante, dite sixième, tourne souvent avec de petits budgets, puis en numérique ; Jia Zhangke en est la figure majeure, Lion d’or en 2006 avec Still Life.
Les films chinois incontournables

A Brighter Summer Day (1991)
Réalisateur : Edward Yang.
Avec : Chang Chen (Xiao Si’r), Lisa Yang (Ming), Chang Kuo-chu (le père de Si’r).
Synopsis : Dans le Taïwan des années 1960, un adolescent en quête d’identité bascule peu à peu dans la délinquance des bandes de son école du soir.
Pourquoi le voir ? Fresque-fleuve de la Nouvelle Vague taïwanaise, sommet absolu du cinéma d’Edward Yang.
À savoir : Premier rôle de Chang Chen : son père dans la vie, Chang Kuo-chu, joue aussi son père à l’écran. Le titre chinois renvoie à un fait divers survenu dans le collège d’Edward Yang quand il avait environ 13 ans, le meurtre d’une jeune fille par un garçon de 14 ans. Le titre anglais vient d’un vers de « Are You Lonesome Tonight? » d’Elvis Presley. Le film dure près de quatre heures et figure au 78e rang du classement Sight and Sound de 2022.

A Touch of Sin (2013)
Réalisateur : Jia Zhangke.
Avec : Jiang Wu (Dahai), Wang Baoqiang (Zhou San), Zhao Tao (Xiao Yu).
Synopsis : Quatre récits, inspirés de faits réels, dressent le portrait d’une Chine contemporaine où la violence répond aux inégalités et à la corruption.
Pourquoi le voir ? Prix du scénario à Cannes, radiographie brutale et magistrale de la Chine d’aujourd’hui.
À savoir : Le titre anglais fait écho à A Touch of Zen de King Hu. Chaque récit transpose un fait divers : la tuerie de Hu Wenhai en 2001, les braquages meurtriers de Zhou Kehua, l’affaire Deng Yujiao en 2009 et la vague de suicides chez Foxconn. D’abord autorisée, la sortie du film en Chine a été repoussée sans date.

A Touch of Zen (1971)
Réalisateur : King Hu.
Avec : Hsu Feng (Yang Huizhen), Shih Chun (Gu Shengzhai), Roy Chiao (le moine Huiyuan).
Synopsis : Un lettré timide se retrouve mêlé à la fuite d’une jeune femme noble traquée par la police impériale, dans une Chine de légende.
Pourquoi le voir ? Sommet du wu xia, Grand Prix technique à Cannes, d’une beauté formelle qui a influencé tout le genre.
À savoir : Adapté d’un conte des Chroniques de l’étrange de Pu Songling. Le tournage s’étale sur plus de trois ans. À Taïwan, le film sort en deux parties, en 1970 et 1971, et ne tient qu’une semaine à l’affiche. Premier wu xia primé dans un grand festival international, il a été restauré en 4K et présenté à Cannes Classics en 2015.

Adieu ma concubine (1993)
Réalisateur : Chen Kaige.
Avec : Leslie Cheung (Cheng Dieyi), Zhang Fengyi (Duan Xiaolou), Gong Li (Juxian).
Synopsis : Sur un demi-siècle d’histoire chinoise, deux acteurs de l’opéra de Pékin voient leur amitié et leurs sentiments mis à l’épreuve des bouleversements politiques.
Pourquoi le voir ? Palme d’or, fresque somptueuse et déchirante, l’un des grands films du cinéma chinois.
À savoir : D’après le roman de Lilian Lee, qui cosigne le scénario. Leslie Cheung, acteur cantonophone, est en grande partie doublé en mandarin par Yang Lixin. Retiré des salles chinoises en août 1993, le film y ressort en septembre, amputé de 14 minutes et avec une fin adoucie. C’est à ce jour le seul film en langue chinoise couronné par la Palme d’or.

Boat People (1982)
Réalisatrice : Ann Hui.
Avec : George Lam (Shiomi Akutagawa), Season Ma (Cam Nuong), Andy Lau (To Minh).
Synopsis : Un photojournaliste japonais découvre la réalité du Vietnam de l’après-guerre et le sort tragique de ceux qui tentent de fuir.
Pourquoi le voir ? Film-choc de la Nouvelle Vague hongkongaise, œuvre humaniste et politique d’Ann Hui.
À savoir : Dernier volet de la trilogie vietnamienne d’Ann Hui. Tourné sur l’île chinoise de Hainan, il est interdit à Taïwan, où il n’est montré qu’en 2023. Andy Lau y tient l’un de ses premiers rôles. Le film remporte cinq Hong Kong Film Awards en 1983, dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation.

Center Stage (1991)
Réalisateur : Stanley Kwan.
Avec : Maggie Cheung (Ruan Lingyu), Tony Leung Ka-fai (Cai Chusheng), Chin Han (Tang Jishan).
Synopsis : La vie et la carrière de Ruan Lingyu, star tragique du cinéma muet chinois des années 1930, morte à vingt-quatre ans.
Pourquoi le voir ? Biopic vertigineux porté par Maggie Cheung, primée à Berlin, réflexion sur le cinéma et la mémoire.
À savoir : Le film entrelace reconstitutions, extraits des films de Ruan Lingyu, entretiens avec des témoins et scènes où Stanley Kwan prépare le rôle avec Maggie Cheung. Surnommée la « Garbo chinoise », Ruan Lingyu s’est suicidée en 1935, sous la pression de la presse à scandale. Maggie Cheung reçoit aussi pour ce rôle le Golden Horse de la meilleure actrice.

Happy Together (1997)
Réalisateur : Wong Kar-wai.
Avec : Leslie Cheung (Ho Po-wing), Tony Leung Chiu-wai (Lai Yiu-fai), Chang Chen (Chang).
Synopsis : À Buenos Aires, un couple d’hommes hongkongais se déchire et se réconcilie au fil d’une passion à bout de souffle.
Pourquoi le voir ? Prix de la mise en scène à Cannes, mélodrame sensoriel et déchirant, sommet de Wong Kar-wai.
À savoir : Tourné en Argentine pendant environ quatre mois, à partir d’août 1996 : le documentaire Buenos Aires Zero Degree (1999) en montre les coulisses. Le titre anglais reprend une chanson des Turtles (1967). La chanson « Cucurrucucú paloma », chantée par Caetano Veloso, reviendra dans Moonlight de Barry Jenkins. Tony Leung reçoit pour ce rôle le Hong Kong Film Award du meilleur acteur.

Jeunesse (Le Printemps) (2023)
Réalisateur : Wang Bing.
Synopsis : Dans les ateliers textiles de Zhili, de jeunes ouvriers venus des campagnes travaillent, s’aiment et rêvent au rythme des machines à coudre.
Pourquoi le voir ? Premier volet d’une trilogie documentaire, présenté en compétition à Cannes en 2023, regard politique et bouleversant sur la Chine ouvrière.
À savoir : Tourné de 2014 à 2019 à Zhili, ville du Zhejiang devenue un grand centre de la confection, à environ 150 km de Shanghai. Premier film de Wang Bing en compétition à Cannes, il dure 3 h 32. La trilogie se poursuit en 2024 avec Jeunesse (Les Tourments), montré à Locarno, et Jeunesse (Retour au pays), en compétition à Venise.

La Rage du tigre (1971)
Réalisateur : Chang Cheh.
Avec : David Chiang (Lei Li), Ti Lung (Feng Junjie), Ku Feng (Long Yizhi).
Synopsis : Un épéiste qui s’est tranché le bras après un duel perdu affronte, malgré son handicap, un clan de tueurs et leur maître, dans une vengeance implacable.
Pourquoi le voir ? Classique du wu xia de la Shaw Brothers, film de sabre flamboyant, troisième volet de la saga du sabreur manchot.
À savoir : Son titre chinois signifie « le nouveau sabreur manchot ». La saga est née avec Un seul bras les tua tous (1967), du même Chang Cheh, porté par Jimmy Wang Yu : David Chiang prend ici la relève. Le scénario est signé Ni Kuang. Le duel final se joue sur un pont, où le héros tranche à son tour le bras de son ennemi.

Les Démons à ma porte (2000)
Réalisateur : Jiang Wen.
Avec : Jiang Wen (Ma Dasan), Teruyuki Kagawa (Kosaburo Hanaya), Yuan Ding (Dong Hanchen).
Synopsis : Pendant l’occupation japonaise, des villageois chinois se voient confier deux prisonniers qu’ils n’osent ni garder ni exécuter.
Pourquoi le voir ? Grand Prix à Cannes, fable de guerre en noir et blanc, féroce et tragi-comique.
À savoir : Les deux prisonniers sont un sergent japonais et son interprète chinois. Selon le magazine Time, les cinq mois de tournage auraient épuisé le stock de pellicule noir et blanc Kodak disponible en Chine ; seules les dernières minutes passent à la couleur. Présenté à Cannes contre l’avis des autorités, le film est interdit en Chine, et Jiang Wen ne réalise plus de film avant 2007.

Les Fleurs de Shanghai (1998)
Réalisateur : Hou Hsiao-hsien.
Avec : Tony Leung Chiu-wai (Wang), Michiko Hada (Rubis), Carina Lau (Perle).
Synopsis : Dans les maisons de courtisanes du Shanghai de la fin du XIXᵉ siècle, se nouent et se défont les intrigues feutrées des « fleurs » et de leurs clients.
Pourquoi le voir ? Chef-d’œuvre d’atmosphère de Hou Hsiao-hsien, huis clos envoûtant à la lumière des lampes à huile.
À savoir : D’après un roman de Han Bangqing (1892), écrit en dialecte wu et traduit en mandarin par la romancière Eileen Chang. Le film compte moins de quarante plans en près de deux heures, reliés par des fondus au noir. Photographie de Mark Lee Ping-bin. En 1999, les critiques du Village Voice le classent troisième meilleur film des années 1990.

Qiu Ju, une femme chinoise (1992)
Réalisateur : Zhang Yimou.
Avec : Gong Li (Qiu Ju), Liu Peiqi (Wan Qinglai, son mari), Lei Kesheng (Wang Shantang, le chef du village).
Synopsis : Une paysanne enceinte parcourt l’administration chinoise pour obtenir réparation après que le chef du village a frappé son mari.
Pourquoi le voir ? Lion d’or à Venise, chronique tendre et obstinée portée par Gong Li.
À savoir : Tourné en grande partie en caméra cachée, avec des acteurs non professionnels, dont de vrais fonctionnaires. D’après une nouvelle de Chen Yuanbin, dont le scénariste Liu Heng a déplacé l’action du sud au nord de la Chine, dans le Shaanxi. Gong Li reçoit pour ce rôle la Coupe Volpi de la meilleure actrice.

Résurrection (2025)
Réalisateur : Bi Gan.
Avec : Jackson Yee (le rêveur, sous plusieurs identités), Shu Qi (la Grande Autre), Mark Chao (le Commandant).
Synopsis : Dans un futur où l’humanité a renoncé au rêve pour vivre plus longtemps, une femme traque l’un des derniers rêveurs et le suit, à travers les époques, dans un siècle d’histoire et de cinéma.
Pourquoi le voir ? Prix spécial à Cannes 2025, odyssée sensorielle et vertigineuse du plus envoûtant des jeunes cinéastes chinois.
À savoir : Chaque chapitre explore un sens : la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat, le toucher. Le dernier, une nuit de réveillon 1999, repose sur un plan-séquence de plus d’une demi-heure. Bi Gan avait déjà clos Un grand voyage vers la nuit (2018) par un plan-séquence d’environ une heure, en 3D. Musique du groupe français M83.

Green Snake (1993)
Réalisateur : Tsui Hark.
Avec : Maggie Cheung (le Serpent vert), Joey Wong (le Serpent blanc), Vincent Zhao (le moine Fahai), Wu Hsing-kuo (Xu Xian).
Synopsis : Deux esprits serpents, l’un blanc l’autre vert, prennent forme humaine et découvrent l’amour et le désir, sous le regard d’un moine intransigeant.
Pourquoi le voir ? Fantastique flamboyant et sensuel de Tsui Hark, porté par Maggie Cheung et Joey Wong.
À savoir : D’après le roman de Lilian Lee, autrice des livres dont sont tirés Adieu ma concubine et Rouge de Stanley Kwan. Le film déplace le centre de la légende du Serpent blanc : le serpent vert, simple second rôle du conte, devient l’héroïne. Xu Xian est joué par Wu Hsing-kuo, star taïwanaise de l’opéra de Pékin.

Infernal Affairs (2002)
Réalisateurs : Andrew Lau et Alan Mak.
Avec : Andy Lau (Lau Kin-ming), Tony Leung Chiu-wai (Chan Wing-yan), Eric Tsang (Hon Sam).
Synopsis : Un flic infiltré dans une triade et une taupe de la mafia dans la police se traquent mutuellement, chacun cherchant à démasquer l’autre.
Pourquoi le voir ? Thriller hongkongais culte, sommet du polar d’infiltration, à l’origine du remake oscarisé Les Infiltrés.
À savoir : Le titre chinois désigne Avīci, le plus profond des enfers bouddhistes, celui des souffrances sans fin. Pour la Chine continentale, une autre fin a été tournée : la taupe y est arrêtée. Deux suites sortent dès 2003. Le remake de Martin Scorsese, Les Infiltrés, remporte en 2007 quatre Oscars, dont celui du meilleur film.
Par où commencer ?
Pour le film de sabre : A Touch of Zen, puis La Rage du tigre.
Pour le polar hongkongais : Infernal Affairs.
Pour le cinéma taïwanais : Les Fleurs de Shanghai, puis les quatre heures de A Brighter Summer Day.
Pour la Chine d’aujourd’hui : A Touch of Sin, puis Jeunesse (Le Printemps).
Questions fréquentes
Quel est le premier film chinois ?
Dingjunshan (« Le Mont Dingjun »), tourné à Pékin en 1905 par le studio photographique Fengtai de Ren Jingfeng : la captation d’un opéra de Pékin, avec le chanteur Tan Xinpei. Le cinéma chinois est donc né de l’opéra, au cœur d’Adieu ma concubine.
Quel film chinois a remporté la Palme d'or ?
Adieu ma concubine de Chen Kaige, en 1993, ex aequo avec La Leçon de piano de Jane Campion. C’est à ce jour le seul film en langue chinoise à l’avoir obtenue.
Qu'est-ce que le wu xia ?
Le film de chevalerie chinois : ses héros, des chevaliers errants, combattent l’injustice au sabre et par les arts martiaux. Le genre a connu son âge d’or à Hong Kong et à Taïwan dans les années 1960 et 1970, avec A Touch of Zen de King Hu et La Rage du tigre de Chang Cheh.
Quel film a inspiré <em>Les Infiltrés</em> de Martin Scorsese ?
Infernal Affairs d’Andrew Lau et Alan Mak (2002). Scorsese transpose l’intrigue à Boston, chez les gangsters irlandais ; son remake remporte en 2007 quatre Oscars, dont celui du meilleur film.
Pourquoi certains films attendus ne figurent-ils pas dans cette sélection ?
Pour éviter les doublons, chaque film n’apparaît que sur une seule de nos pages. Chungking Express de Wong Kar-wai et À toute épreuve de John Woo ne figurent pas dans cette sélection : retrouvez-les dans nos films asiatiques.
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Formations proposées à ESRA Paris
L’école propose des formations post bac dans les trois domaines de l’audiovisuel. Ces formations délivrent un diplôme visé par l’État et reconnu par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Producteur, Réalisateur, Monteur
Audiovisuel, Sonorisation, Musique,
Radio, Jeux Vidéo
Animation, Compositing 3D & VFX, Gestion & Production, Modélisation




