Les films d’horreur à voir au moins une fois dans sa vie

27 octobre 2026
Scène du film Les Yeux sans visage (Georges Franju, 1960), image Gaumont

Frissons garantis. De l’épouvante gothique au cinéma de genre le plus moderne, (re)découvrez une sélection des films d’horreur les plus marquants de l’histoire du cinéma, à voir au moins une fois dans sa vie… si vous l’osez. Envie d’apprendre à créer la tension et la peur à l’écran ? Découvrez nos formations Cinéma & Télévision.

Trois repères pour comprendre le cinéma d’horreur

Les origines (1896-1931)

Georges Méliès tourne Le Manoir du diable en 1896, court film de trois minutes souvent cité comme le premier film d’horreur. L’expressionnisme allemand donne ensuite au genre ses premiers grands titres, Le Cabinet du docteur Caligari (1920) et Nosferatu (1922). En 1931, Universal lance son cycle de monstres avec Dracula et Frankenstein.

L’âge d’or du gothique européen (1957-1975)

En Angleterre, la Hammer tourne en couleurs Frankenstein s’est échappé (1957), avec Peter Cushing et Christopher Lee. En Italie, Mario Bava signe Le Masque du démon (1960), puis pose les bases du giallo avec La Fille qui en savait trop (1963). Dario Argento porte ce thriller sanglant à son sommet avec Les Frissons de l’angoisse (1975).

L’horreur moderne (depuis 1968)

La Nuit des morts-vivants de George A. Romero et Rosemary’s Baby de Roman Polanski, tous deux de 1968, installent la peur dans le monde contemporain. L’Exorciste (1973) devient le premier film d’horreur nommé à l’Oscar du meilleur film, et Halloween de John Carpenter (1978) lance la vague du slasher.

Les films d’horreur incontournables

Affiche du film Shining (Stanley Kubrick, 1980)

Shining (The Shining) (1980)

Réalisateur : Stanley Kubrick.

Avec : Jack Nicholson (Jack Torrance), Shelley Duvall (Wendy Torrance), Danny Lloyd (Danny Torrance).

Synopsis : Gardien d’un hôtel isolé pour l’hiver, un écrivain sombre peu à peu dans la folie, tandis que son fils perçoit les présences maléfiques des lieux.

Pourquoi le voir ? Sommet absolu de l’horreur, cauchemar labyrinthique et glacé, l’un des plus grands Kubrick.

À savoir : Les extérieurs de l’hôtel Overlook sont ceux du Timberline Lodge, sur le mont Hood, dans l’Oregon ; les intérieurs ont été reconstruits aux studios d’Elstree, au nord de Londres. Kubrick a fait tourner une version de la page dactylographiée pour chaque grande langue : en français, Jack tape sans fin Un « Tiens » vaut mieux que deux « Tu l’auras ». Stephen King a critiqué les libertés prises avec son roman et écrit lui-même une adaptation plus fidèle, une minisérie diffusée en 1997.

Affiche du film Cronos (Guillermo del Toro, 1993)

Cronos (1993)

Réalisateur : Guillermo del Toro.

Avec : Federico Luppi (Jesús Gris), Ron Perlman (Angel de la Guardia), Claudio Brook (Dieter de la Guardia).

Synopsis : Un antiquaire découvre un mécanisme ancien qui offre la vie éternelle, au prix d’une soif nouvelle.

Pourquoi le voir ? Premier long-métrage envoûtant du futur oscarisé, conte fantastique et mélancolique.

À savoir : Pour financer le film, Guillermo del Toro a monté sa propre société d’effets spéciaux de maquillage. C’est sa première collaboration avec Ron Perlman, futur Hellboy. Le film remporte neuf prix Ariel, l’équivalent mexicain des Oscars, puis le grand prix de la Semaine de la critique à Cannes.

Affiche du film L'Antre de la folie (John Carpenter, 1994)

L’Antre de la folie (In the Mouth of Madness) (1994)

Réalisateur : John Carpenter.

Avec : Sam Neill (John Trent), Jürgen Prochnow (Sutter Cane), Julie Carmen (Linda Styles).

Synopsis : Un enquêteur recherche un auteur de best-sellers d’horreur disparu, et bascule dans un cauchemar où fiction et réalité se confondent.

Pourquoi le voir ? Vertige lovecraftien, l’un des Carpenter les plus fous et les plus sous-estimés.

À savoir : Dernier volet de la « trilogie de l’Apocalypse » de Carpenter, après The Thing (1982) et Prince des ténèbres (1987). Faute d’avoir obtenu « Enter Sandman » de Metallica pour le générique, Carpenter écrit un thème dans le même esprit, joué à la guitare par Dave Davies, des Kinks. Échec en salles, le film figure pourtant au top 10 de l’année 1995 des Cahiers du cinéma.

Affiche du film L'Exorciste (William Friedkin, 1973)

L’Exorciste (The Exorcist) (1973)

Réalisateur : William Friedkin.

Avec : Ellen Burstyn (Chris MacNeil), Linda Blair (Regan MacNeil), Max von Sydow (le père Merrin).

Synopsis : La fille d’une actrice est possédée par une entité démoniaque ; deux prêtres tentent un exorcisme.

Pourquoi le voir ? Le film d’horreur le plus influent de l’histoire, jamais égalé dans l’effroi.

À savoir : Premier film d’horreur nommé à l’Oscar du meilleur film, avec dix nominations au total. Pour que l’haleine des acteurs soit visible, le décor de la chambre de Regan était réfrigéré jusqu’à -29 °C. La voix du démon est celle de l’actrice Mercedes McCambridge, d’abord absente du générique.

Affiche du film Le Masque du démon (Mario Bava, 1960)

Le Masque du démon (La maschera del demonio) (1960)

Réalisateur : Mario Bava.

Avec : Barbara Steele (Asa et Katia Vajda), John Richardson (le docteur Andrej Gorobec), Andrea Checchi (le docteur Kruvajan).

Synopsis : Une sorcière suppliciée revient d’entre les morts pour se venger de la descendance de ses bourreaux.

Pourquoi le voir ? Chef-d’œuvre gothique fondateur, d’une beauté visuelle envoûtante.

À savoir : Chef opérateur réputé, Mario Bava signe là, à 46 ans, sa première réalisation officielle, librement tirée du conte Vij de Gogol (1835). Jugé trop violent, le film se voit refuser un visa au Royaume-Uni, où il ne sort qu’en 1968, dans une version coupée. Il fait de Barbara Steele une icône de l’épouvante, et Tim Burton s’en est inspiré pour Sleepy Hollow.

Affiche du film Le Sous-sol de la peur (Wes Craven, 1991)

Le Sous-sol de la peur (The People Under the Stairs) (1991)

Réalisateur : Wes Craven.

Avec : Brandon Adams (Poindexter « Fool » Williams), Everett McGill (« Daddy »), Wendy Robie (« Mommy »).

Synopsis : Un enfant du ghetto s’introduit dans la demeure de propriétaires monstrueux qui séquestrent des enfants dans leur sous-sol.

Pourquoi le voir ? Conte urbain féroce et politique, l’un des Craven les plus réjouissants.

À savoir : Wes Craven part d’un fait divers de la fin des années 1970 à Los Angeles : des cambrioleurs avaient involontairement conduit la police jusqu’à des enfants enfermés par leurs parents. Le couple de geôliers est joué par Everett McGill et Wendy Robie, déjà mari et femme dans Twin Peaks. Sorti juste après Halloween 1991, le film prend la tête du box-office américain dès son premier week-end.

Affiche du film Le Voyeur (Michael Powell, 1960)

Le Voyeur (Peeping Tom) (1960)

Réalisateur : Michael Powell.

Avec : Carl Boehm (Karlheinz Böhm) (Mark Lewis), Anna Massey (Helen Stephens), Moira Shearer (Vivian).

Synopsis : Un assistant opérateur timide filme l’agonie des femmes qu’il assassine, pour capter l’expression même de la peur.

Pourquoi le voir ? Œuvre maudite à sa sortie, devenue une réflexion vertigineuse sur le regard et le cinéma.

À savoir : Le scénariste Leo Marks avait été cryptographe pendant la Seconde Guerre mondiale. Michael Powell joue lui-même le père de Mark dans les films de famille, et son fils Columba incarne Mark enfant. Sorti à Londres deux mois avant Psychose, le film est éreinté par la critique britannique et brise la carrière de Powell en Angleterre ; Martin Scorsese contribue à sa réhabilitation à la fin des années 1970.

Affiche du film Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento, 1975)

Les Frissons de l’angoisse (Profondo rosso) (1975)

Réalisateur : Dario Argento.

Avec : David Hemmings (Marcus Daly), Daria Nicolodi (Gianna Brezzi), Gabriele Lavia (Carlo).

Synopsis : Témoin d’un meurtre, un pianiste mène l’enquête et se rapproche dangereusement d’un tueur insaisissable.

Pourquoi le voir ? Le giallo à son sommet, esthétique flamboyante et bande-son des Goblin.

À savoir : Après avoir songé à Pink Floyd, Dario Argento confie l’essentiel de la musique au groupe de rock progressif Goblin. Les mains gantées de noir du tueur, filmées en gros plan, sont celles d’Argento lui-même. La « villa de l’enfant qui hurle » est la villa Scott, à Turin, où l’essentiel du film a été tourné.

Affiche du film Les Yeux sans visage (Georges Franju, 1960)

Les Yeux sans visage (1960)

Réalisateur : Georges Franju.

Avec : Pierre Brasseur (le docteur Génessier), Édith Scob (Christiane), Alida Valli (Louise).

Synopsis : Un chirurgien enlève de jeunes femmes pour tenter de greffer un nouveau visage à sa fille défigurée.

Pourquoi le voir ? Poème d’horreur d’une étrange douceur, d’une élégance formelle unique.

À savoir : D’après un roman de Jean Redon, adapté avec Boileau-Narcejac et Claude Sautet ; musique de Maurice Jarre. Le producteur demande à Franju de limiter le sang pour la censure française, d’épargner les animaux pour la britannique et d’éviter le savant fou pour l’allemande. Au festival d’Édimbourg, en 1960, sept spectateurs s’évanouissent ; Pedro Almodóvar s’en est souvenu pour La piel que habito (2011).

Affiche du film Onibaba (Kaneto Shindo, 1964)

Onibaba (1964)

Réalisateur : Kaneto Shindo.

Avec : Nobuko Otowa (la vieille femme), Jitsuko Yoshimura (la jeune femme), Kei Satō (Hachi).

Synopsis : Dans le Japon médiéval en guerre, deux femmes survivent en tuant des samouraïs égarés ; un masque démoniaque va bouleverser leur pacte.

Pourquoi le voir ? Fable érotique et macabre d’une puissance visuelle saisissante.

À savoir : Kaneto Shindo s’inspire d’une parabole bouddhique : un masque de démon, porté pour effrayer une jeune femme, reste collé au visage de celle qui l’a mis. Nobuko Otowa, actrice fétiche du cinéaste, deviendra son épouse. La musique de Hikaru Hayashi mêle tambours taiko et jazz.

Affiche du film Rendez-vous avec la peur (Jacques Tourneur, 1957)

Rendez-vous avec la peur (Night of the Demon) (1957)

Réalisateur : Jacques Tourneur.

Avec : Dana Andrews (John Holden), Peggy Cummins (Joanna Harrington), Niall MacGinnis (Julian Karswell).

Synopsis : Un psychologue sceptique enquête sur une secte satanique et se retrouve sous la menace d’une malédiction.

Pourquoi le voir ? Sommet du fantastique par le maître de la suggestion et de l’ombre.

À savoir : D’après la nouvelle Casting the Runes de M. R. James (1911). Tourneur voulait que le démon reste invisible ; le producteur Hal E. Chester impose des plans de la créature. Kate Bush ouvre sa chanson Hounds of Love sur une réplique du film : « It’s in the trees! It’s coming! »

Affiche du film Tesis (Alejandro Amenábar, 1996)

Tesis (1996)

Réalisateur : Alejandro Amenábar.

Avec : Ana Torrent (Ángela), Fele Martínez (Chema), Eduardo Noriega (Bosco).

Synopsis : Une étudiante en cinéma qui enquête sur la violence à l’écran découvre l’existence de snuff movies dans sa propre faculté.

Pourquoi le voir ? Thriller nerveux et glaçant, premier film déjà maîtrisé d’Amenábar.

À savoir : Alejandro Amenábar a 23 ans et n’a pas fini ses études quand il tourne le film, à l’été 1995, en grande partie dans sa propre faculté, celle des Sciences de l’information de l’université Complutense de Madrid. Le professeur Castro porte le nom d’un enseignant qui l’avait recalé. Le film remporte sept prix Goya, dont celui du meilleur film.

Affiche du film Mister Babadook (Jennifer Kent, 2014)

Mister Babadook (The Babadook) (2014)

Réalisateur : Jennifer Kent.

Avec : Essie Davis (Amelia), Noah Wiseman (Samuel), Hayley McElhinney (Claire).

Synopsis : Une mère veuve et son jeune fils sont hantés par la créature d’un livre pour enfants apparu dans leur maison.

Pourquoi le voir ? Horreur psychologique remarquable où le monstre est la métaphore du deuil.

À savoir : Jennifer Kent développe ici son court métrage Monster (2005) ; une campagne Kickstarter a financé une partie des décors et des effets. Au festival de Gérardmer 2014, il remporte quatre prix, dont le prix du jury et le prix du public. William Friedkin, le réalisateur de L’Exorciste, a dit n’avoir jamais vu de film plus terrifiant.

Affiche du film The Strangers (Na Hong-jin, 2016)

The Strangers (Goksung) (2016)

Réalisateur : Na Hong-jin.

Avec : Kwak Do-won (Jong-goo), Hwang Jung-min (Il-gwang, le chaman), Jun Kunimura (l’étranger japonais).

Synopsis : Dans un village coréen, une série de meurtres inexpliqués coïncide avec l’arrivée d’un étranger ; un policier enquête tandis que sa fille tombe malade.

Pourquoi le voir ? Fresque horrifique ample et démente, entre polar, possession et récit du mal.

À savoir : Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2016. L’étranger est joué par le Japonais Jun Kunimura, le boss Tanaka de Kill Bill, qui reçoit pour ce rôle le Blue Dragon du meilleur second rôle. Le titre coréen s’écrit avec des caractères qui signifient « cri de lamentation », d’où le titre anglais The Wailing, et se prononce comme Gokseong, la région où se déroule l’histoire, dont la grand-mère du réalisateur était originaire.

Affiche du film Vidéodrome (David Cronenberg, 1983)

Vidéodrome (Videodrome) (1983)

Réalisateur : David Cronenberg.

Avec : James Woods (Max Renn), Debbie Harry (Nicki Brand), Sonja Smits (Bianca O’Blivion).

Synopsis : Le patron d’une chaîne câblée découvre une émission de tortures réelles qui contamine son corps et son esprit.

Pourquoi le voir ? Manifeste de la « nouvelle chair », prophétie hallucinée sur l’image et les médias.

À savoir : Le professeur Brian O’Blivion est inspiré de Marshall McLuhan, le théoricien des médias torontois. Les effets de maquillage sont signés Rick Baker. Mal reçu lors des projections tests, le film est un échec en salles avant de devenir culte.

Par où commencer ?

Pour les classiques incontournables : L’Exorciste, puis Shining.

Pour le gothique et le giallo italiens : Le Masque du démon, puis Les Frissons de l’angoisse.

Pour la peur suggérée : Rendez-vous avec la peur et Les Yeux sans visage.

Pour l’horreur d’aujourd’hui : Mister Babadook, puis The Strangers.

Questions fréquentes

Quel est le premier film d'horreur ?

Le Manoir du diable de Georges Méliès (1896), un film de trois minutes, est souvent cité comme le premier : il cherchait pourtant plus à étonner qu’à effrayer. Les premiers longs métrages qui font vraiment peur viennent de l’expressionnisme allemand, avec Le Cabinet du docteur Caligari (1920) et Nosferatu (1922).

Un film d'horreur a-t-il déjà été récompensé aux Oscars ?

L’Exorciste est le premier film d’horreur nommé à l’Oscar du meilleur film, en 1974. Il remporte deux statuettes, pour le scénario adapté et le son. Le lauréat du meilleur film le plus proche du genre reste Le Silence des agneaux, en 1992, thriller aux frontières de l’horreur.

Qu'est-ce qu'un giallo ?

Un thriller italien, souvent sanglant, construit autour d’un tueur mystérieux aux mains gantées. Le mot signifie « jaune » : il vient de la couverture des romans policiers publiés par Mondadori à partir de 1929. Mario Bava en pose les bases dans les années 1960 ; Les Frissons de l’angoisse de Dario Argento (1975) en est l’un des sommets.

Qu'est-ce que le body horror ?

Une horreur fondée sur la transformation ou la dégradation du corps. David Cronenberg en est la figure majeure : dans Vidéodrome (1983), les images contaminent la chair même du héros. Cronos de Guillermo del Toro joue aussi sur cette métamorphose.

Pourquoi certains films attendus ne figurent-ils pas dans cette sélection ?

Pour éviter les doublons, chaque film n’apparaît que sur une seule de nos pages. The Thing, Nosferatu, Grave, Dark Water et Us ne figurent pas dans cette sélection : retrouvez-les dans nos films classiques, nos films en noir et blanc, nos films français contemporains, nos films asiatiques et nos films contemporains.

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L’école propose des formations post bac dans les trois domaines de l’audiovisuel. Ces formations délivrent un diplôme visé par l’État et reconnu par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

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