Les films français contemporains à voir absolument

27 octobre 2026
Scène du film Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma, 2019), image Festival de Cannes

Le cinéma français ne cesse de se réinventer. De la Palme d’or au film de genre, (re)découvrez une sélection des œuvres françaises contemporaines les plus marquantes, à voir au moins une fois dans sa vie. Une envie de réalisation ou de scénario ? Explorez nos formations Cinéma & Télévision.

Trois repères pour comprendre le cinéma français contemporain

Le « jeune cinéma français » (années 1990)

La critique désigne ainsi une génération révélée autour des années 1990 : Arnaud Desplechin, Claire Denis, Cédric Klapisch, Mathieu Kassovitz, puis François Ozon. Plusieurs sont passés par la Fémis, l’école qui a remplacé l’IDHEC en 1986. Beaucoup se réclament de Maurice Pialat plus que de la Nouvelle Vague. La Haine (1995) est l’un des films phares de cette génération.

Le retour de la Palme d’or (depuis 2008)

Après Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, en 1987, il faut attendre Entre les murs de Laurent Cantet, en 2008, pour qu’un film français remporte à nouveau la Palme d’or. Suivent notamment La Vie d’Adèle (2013), Dheepan de Jacques Audiard (2015), Titane de Julia Ducournau (2021) et Anatomie d’une chute (2023).

Le cinéma de genre à l’honneur (années 2010-2020)

Horreur et fantastique gagnent les grands palmarès. Grave (2016) révèle Julia Ducournau, qui devient en 2021, avec Titane, la deuxième femme lauréate de la Palme d’or, après Jane Campion en 1993. En 2024, Le Règne animal, récit de mutations, est le film le plus nommé aux César, avec douze nominations.

Les films français contemporains incontournables

Affiche du film 120 battements par minute (Robin Campillo, 2017)

120 battements par minute (2017)

Réalisateur : Robin Campillo.

Avec : Nahuel Pérez Biscayart (Sean Dalmazo), Arnaud Valois (Nathan), Adèle Haenel (Sophie).

Synopsis : Au début des années 1990, les militants d’Act Up-Paris se battent contre l’indifférence face au sida.

Pourquoi le voir ? Grand Prix à Cannes, film vibrant, politique et bouleversant sur l’engagement et l’amour.

À savoir : Robin Campillo a lui-même milité à Act Up dans les années 1990, tout comme son coscénariste Philippe Mangeot. Le titre renvoie au tempo de la house music, bande-son des années sida selon le cinéaste. Choisi pour représenter la France aux Oscars, il n’est pas retenu parmi les nommés, mais réunit plus de 850 000 spectateurs en salles.

Affiche du film Anatomie d'une chute (Justine Triet, 2023)

Anatomie d’une chute (2023)

Réalisatrice : Justine Triet.

Avec : Sandra Hüller (Sandra Voyter), Swann Arlaud (Vincent Renzi, l’avocat), Milo Machado Graner (Daniel).

Synopsis : Une écrivaine est jugée pour la mort de son mari, retrouvé au pied de leur chalet ; leur fils malvoyant est le seul témoin.

Pourquoi le voir ? Palme d’or, thriller judiciaire vertigineux sur la vérité et le couple.

À savoir : Messi, le border collie qui joue Snoop, le chien guide de Daniel, a reçu la Palm Dog à Cannes. En France, la commission chargée de choisir le candidat à l’Oscar du film international lui a préféré La Passion de Dodin Bouffant, par 4 voix contre 3. Le morceau qui tourne en boucle au début du film est une reprise instrumentale de P.I.M.P., de 50 Cent, par le Bacao Rhythm & Steel Band.

Affiche du film Beau travail (Claire Denis, 1999)

Beau travail (1999)

Réalisatrice : Claire Denis.

Avec : Denis Lavant (l’adjudant-chef Galoup), Michel Subor (le commandant Bruno Forestier), Grégoire Colin (Gilles Sentain).

Synopsis : Revenu à Marseille, un ancien légionnaire se souvient de Djibouti : la discipline, le désir et la jalousie qui ont brisé sa carrière.

Pourquoi le voir ? Sommet de mise en scène, d’une beauté plastique et sensorielle inégalée.

À savoir : Librement inspiré de Billy Budd, la nouvelle d’Herman Melville, le film cite l’opéra que Benjamin Britten en a tiré. Michel Subor y retrouve Bruno Forestier, le personnage qu’il jouait dans Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard. Septième du classement des critiques de Sight and Sound en 2022, il se clôt sur un solo dansé, improvisé par Denis Lavant sur The Rhythm of the Night de Corona.

Affiche du film Camille redouble (Noémie Lvovsky, 2012)

Camille redouble (2012)

Réalisatrice : Noémie Lvovsky.

Avec : Noémie Lvovsky (Camille Vaillant), Samir Guesmi (Éric), Yolande Moreau (la mère de Camille).

Synopsis : Une femme de quarante ans se retrouve soudain propulsée dans son adolescence, avec la possibilité de tout revivre.

Pourquoi le voir ? Comédie douce-amère et émouvante sur le temps et les choix de vie.

À savoir : Noémie Lvovsky joue pour la première fois dans l’un de ses films : elle incarne Camille à 40 ans comme à 16 ans. Le point de départ est Peggy Sue s’est mariée de Francis Ford Coppola. Prix SACD à la Quinzaine des réalisateurs en 2012, le film obtient treize nominations aux César 2013, sans aucune victoire.

Affiche du film Grave (Julia Ducournau, 2016)

Grave (2016)

Réalisatrice : Julia Ducournau.

Avec : Garance Marillier (Justine), Ella Rumpf (Alexia), Rabah Naït Oufella (Adrien).

Synopsis : Étudiante vétérinaire végétarienne, une jeune femme découvre pendant son bizutage un appétit de chair qui la dévore.

Pourquoi le voir ? Premier film-choc d’une future Palme d’or, entre récit d’apprentissage et horreur.

À savoir : Le film a été tourné en Belgique, à l’école vétérinaire de l’université de Liège. Au festival de Toronto, en 2016, des spectateurs se sont évanouis pendant une séance de minuit et ont dû être pris en charge par les secours. Il reçoit le prix FIPRESCI à la Semaine de la critique, à Cannes, puis le prix Louis-Delluc du premier film en 2017.

Affiche du film Holy Motors (Leos Carax, 2012)

Holy Motors (2012)

Réalisateur : Leos Carax.

Avec : Denis Lavant (Monsieur Oscar), Édith Scob (Céline), Kylie Minogue (Eva Grace).

Synopsis : En une journée, un homme énigmatique enchaîne les identités et les rôles à travers Paris, de rendez-vous en rendez-vous.

Pourquoi le voir ? Objet fou et virtuose, déclaration d’amour au cinéma et à la métamorphose.

À savoir : Premier long métrage de Leos Carax depuis Pola X, treize ans plus tôt : le cinéaste apparaît lui-même dans le prologue, en dormeur. Denis Lavant y reprend Monsieur Merde, personnage né dans le film collectif Tokyo! (2008). Dans la dernière séquence, Édith Scob porte un masque blanc qui rappelle son rôle dans Les Yeux sans visage de Georges Franju.

Affiche du film La Haine (Mathieu Kassovitz, 1995)

La Haine (1995)

Réalisateur : Mathieu Kassovitz.

Avec : Vincent Cassel (Vinz), Hubert Koundé (Hubert), Saïd Taghmaoui (Saïd).

Synopsis : Vingt-quatre heures dans la vie de trois amis d’une cité, au lendemain d’une bavure policière.

Pourquoi le voir ? Prix de la mise en scène à Cannes, film-génération devenu culte.

À savoir : Mathieu Kassovitz s’inspire de la mort de Makomé M’Bowolé, 17 ans, tué d’une balle dans la tête en avril 1993 au commissariat des Grandes-Carrières, à Paris. Le tournage a lieu pour l’essentiel à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines. Le film est tourné sur pellicule couleur, puis tiré en noir et blanc.

Affiche du film La Nuit du 12 (Dominik Moll, 2022)

La Nuit du 12 (2022)

Réalisateur : Dominik Moll.

Avec : Bastien Bouillon (Yohan Vivès), Bouli Lanners (Marceau), Anouk Grinberg (la juge Beltrame).

Synopsis : Un enquêteur est hanté par une affaire de féminicide qu’il ne parvient pas à résoudre.

Pourquoi le voir ? Polar sobre et obsédant, multi-récompensé aux César.

À savoir : D’après 18.3. Une année à la PJ, livre écrit par Pauline Guéna après un an d’immersion dans la police judiciaire. Dès le carton d’ouverture, le film annonce que l’enquête sur le meurtre de Clara ne sera jamais résolue. Il se déroule entre Grenoble et Saint-Jean-de-Maurienne, où il a été tourné, et vaut un César à Bastien Bouillon comme à Bouli Lanners.

Affiche du film La Vie d'Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013)

La Vie d’Adèle (2013)

Réalisateur : Abdellatif Kechiche.

Avec : Adèle Exarchopoulos (Adèle), Léa Seydoux (Emma), Salim Kechiouche (Samir).

Synopsis : Le récit intense d’une passion amoureuse, de la découverte du désir à la rupture, chez une jeune femme.

Pourquoi le voir ? Palme d’or décernée exceptionnellement aux deux actrices et au réalisateur.

À savoir : D’après la bande dessinée Le bleu est une couleur chaude de Jul Maroh (2010). Prévu sur deux mois et demi, le tournage a duré cinq mois, de mars à août 2012, et ses conditions ont été vivement critiquées par l’équipe technique et les deux actrices. Le film dure trois heures et reçoit aussi le prix Louis-Delluc 2013.

Affiche du film Le Règne animal (Thomas Cailley, 2023)

Le Règne animal (2023)

Réalisateur : Thomas Cailley.

Avec : Romain Duris (François), Paul Kircher (Émile), Adèle Exarchopoulos (Julia).

Synopsis : Dans un monde où des humains mutent en créatures, un père et son fils cherchent l’épouse et mère transformée.

Pourquoi le voir ? Film de genre ambitieux et sensible, succès critique et public.

À savoir : Le film a ouvert la section Un certain regard à Cannes, en 2023. Les incendies de l’été 2022 ont détruit une partie des décors extérieurs et prolongé le tournage d’un mois. Avec douze nominations, une de plus qu’Anatomie d’une chute, c’est le film le plus nommé aux César 2024 ; il a dépassé le million d’entrées en salles.

Affiche du film Mon roi (Maïwenn, 2015)

Mon roi (2015)

Réalisatrice : Maïwenn.

Avec : Emmanuelle Bercot (Tony), Vincent Cassel (Georgio), Louis Garrel (Solal).

Synopsis : En rééducation après un accident, une femme revit sa relation passionnelle et destructrice avec un homme insaisissable.

Pourquoi le voir ? Prix d’interprétation à Cannes pour Emmanuelle Bercot, mélodrame intense.

À savoir : Emmanuelle Bercot partage son prix d’interprétation avec Rooney Mara, récompensée pour Carol. La même année, La Tête haute, film qu’elle a réalisé, fait l’ouverture du festival. Maïwenn a écrit le rôle de Tony pour elle.

Affiche du film Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma, 2019)

Portrait de la jeune fille en feu (2019)

Réalisatrice : Céline Sciamma.

Avec : Noémie Merlant (Marianne), Adèle Haenel (Héloïse), Luàna Bajrami (Sophie).

Synopsis : Au XVIIIe siècle, une peintre doit réaliser en secret le portrait d’une jeune femme promise au mariage ; une passion naît.

Pourquoi le voir ? Prix du scénario à Cannes, film d’une beauté épurée sur le regard et le désir.

À savoir : Les toiles et esquisses de Marianne sont l’œuvre de la peintre Hélène Delmaire, dont on voit aussi les mains à l’écran. Tourné en 38 jours, à Saint-Pierre-Quiberon et dans un château de Seine-et-Marne, le film n’a presque pas de musique, hormis Vivaldi et un chœur composé par Para One et Arthur Simonini. Il reçoit aussi la Queer Palm, une première pour un film réalisé par une femme.

Affiche du film Rois et reine (Arnaud Desplechin, 2004)

Rois et reine (2004)

Réalisateur : Arnaud Desplechin.

Avec : Emmanuelle Devos (Nora Cotterelle), Mathieu Amalric (Ismaël Vuillard), Catherine Deneuve (Mme Vasset, la psychiatre).

Synopsis : Les destins croisés d’une femme confrontée à la maladie de son père et d’un ex-compagnon interné.

Pourquoi le voir ? Fresque romanesque foisonnante, l’un des grands films de Desplechin.

À savoir : Présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2004, le film reçoit le prix Louis-Delluc la même année. Maurice Garrel, qui joue le père de Nora, est nommé au César du meilleur second rôle. Mathieu Amalric retrouve le personnage d’Ismaël Vuillard dans Les Fantômes d’Ismaël, film d’ouverture du Festival de Cannes 2017.

Affiche du film Un prophète (Jacques Audiard, 2009)

Un prophète (2009)

Réalisateur : Jacques Audiard.

Avec : Tahar Rahim (Malik El Djebena), Niels Arestrup (César Luciani), Adel Bencherif (Ryad).

Synopsis : Un jeune homme illettré entre en prison et gravit, année après année, les échelons du crime organisé.

Pourquoi le voir ? Grand Prix à Cannes, film carcéral magistral, révélation de Tahar Rahim.

À savoir : Tahar Rahim est le premier acteur à recevoir, pour un même rôle, le César du meilleur acteur et celui du meilleur espoir masculin. Jacques Audiard a engagé d’anciens détenus comme conseillers et figurants. Le film est aussi nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2010.

Affiche du film Va, vis et deviens (Radu Mihaileanu, 2005)

Va, vis et deviens (2005)

Réalisateur : Radu Mihaileanu.

Avec : Yaël Abecassis (Yaël Harrari), Roschdy Zem (Yoram Harrari), Sirak M. Sabahat (Schlomo adulte).

Synopsis : Pour fuir un camp de réfugiés, un enfant éthiopien non juif est fait passer pour un orphelin juif et emmené en Israël, où il grandit avec un secret.

Pourquoi le voir ? Fresque humaniste bouleversante sur l’exil et l’identité, primée aux César.

À savoir : Le récit part de l’opération Moïse, qui transporte en 1984 vers Israël des Juifs éthiopiens réfugiés au Soudan. Trois acteurs se succèdent dans le rôle de Schlomo : enfant, adolescent et adulte. À la Berlinale 2005, le film reçoit le prix du public de la section Panorama et le prix du jury œcuménique.

Par où commencer ?

Pour les grands prix de Cannes : Anatomie d’une chute, Palme d’or, puis Un prophète, Grand Prix.

Pour un film culte : La Haine.

Pour le cinéma de genre : Grave, puis Le Règne animal.

Pour un cinéma d’auteur plus audacieux : Beau travail, puis Holy Motors.

Questions fréquentes

<em>Anatomie d'une chute</em> a-t-il remporté un Oscar ?

Oui, celui du meilleur scénario original, en 2024, pour Justine Triet et Arthur Harari. Le film était nommé dans cinq catégories, dont celle du meilleur film, alors que la France avait choisi La Passion de Dodin Bouffant pour concourir à l’Oscar du film international.

Combien de réalisatrices ont remporté la Palme d'or ?

Trois. Jane Campion en 1993 pour La Leçon de piano, ex aequo avec Adieu ma concubine de Chen Kaige, Julia Ducournau en 2021 pour Titane, et Justine Triet en 2023 pour Anatomie d’une chute.

<em>La Haine</em> est-il tiré d'une histoire vraie ?

En partie. Mathieu Kassovitz s’est inspiré de la mort de Makomé M’Bowolé, 17 ans, tué par un policier pendant sa garde à vue, à Paris, en 1993. L’histoire de Vinz, Hubert et Saïd est en revanche une fiction.

Pourquoi certains films attendus ne figurent-ils pas dans cette sélection ?

Pour éviter les doublons, chaque film n’apparaît que sur une seule de nos pages. La Cérémonie de Claude Chabrol (1995) ne figure pas dans cette sélection : retrouvez-la dans nos films classiques.

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