Les films italiens à voir au moins une fois dans sa vie

27 octobre 2026
Scène du film Le Voleur de bicyclette (Vittorio De Sica, 1948), image Criterion

Éveillez votre passion pour le cinéma en (re)découvrant les grands classiques du cinéma italien. Installez-vous confortablement avec un bol de pop-corn, et laissez-vous porter par ces œuvres incontournables. Voici une sélection de quinze films italiens cultes à voir au moins une fois dans sa vie. Et si ces chefs-d’œuvre vous donnent envie de passer derrière la caméra, découvrez nos formations Cinéma & Télévision.

Trois repères pour comprendre le cinéma italien

Le néoréalisme (1943-1952)

Au sortir de la guerre, des cinéastes quittent les studios pour filmer la rue, souvent avec des acteurs non professionnels. Ossessione de Luchino Visconti (1943) est souvent cité comme le premier film du mouvement, et Rome, ville ouverte le fait connaître au monde en 1946. Le scénariste Cesare Zavattini en est le grand théoricien. On date sa fin d’Umberto D., en 1952.

La comédie à l’italienne (de 1958 au début des années 1980)

Elle rit des travers de la société italienne avec une férocité mêlée de tendresse. Le Pigeon de Mario Monicelli (1958) en marque le point de départ, et l’expression vient du titre Divorce à l’italienne (1961). Ses figures : Monicelli, Dino Risi, Luigi Comencini, Pietro Germi, Ettore Scola, et les acteurs Alberto Sordi, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Nino Manfredi et Marcello Mastroianni.

Les grands auteurs

À partir des années 1950, Federico Fellini, Luchino Visconti et Michelangelo Antonioni, puis Pier Paolo Pasolini, imposent des univers très personnels, salués à Cannes et à Venise. L’Italie reste le pays le plus récompensé par l’Oscar du film international : 14 statuettes, dont 3 prix spéciaux décernés avant que la catégorie ne soit ouverte à la compétition, en 1957.

Les films italiens incontournables

Affiche du film Le Voleur de bicyclette (Vittorio De Sica, 1948)

Le Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette) (1948)

Réalisateur : Vittorio De Sica.

Avec : Lamberto Maggiorani (Antonio Ricci), Enzo Staiola (Bruno), Lianella Carell (Maria).

Synopsis : Dans la Rome de l’après-guerre, un homme et son fils sillonnent la ville à la recherche de la bicyclette volée dont dépend son emploi.

Pourquoi le voir ? L’un des films les plus emblématiques du néoréalisme, d’une humanité bouleversante, couronné d’un Oscar d’honneur en 1950.

À savoir : Tourné entièrement dans les rues de Rome avec des acteurs non professionnels : Lamberto Maggiorani était ouvrier d’usine. Le producteur américain David O. Selznick proposait de financer le film si Cary Grant tenait le rôle principal. Premier du tout premier classement Sight and Sound des meilleurs films de l’histoire, en 1952, il a décidé Satyajit Ray à devenir cinéaste.

Affiche du film Le Jardin des Finzi-Contini (Vittorio De Sica, 1970)

Le Jardin des Finzi-Contini (Il giardino dei Finzi-Contini) (1970)

Réalisateur : Vittorio De Sica.

Avec : Dominique Sanda (Micòl), Lino Capolicchio (Giorgio), Helmut Berger (Alberto), Fabio Testi (Malnate).

Synopsis : À Ferrare, à partir de 1938, une riche famille de la haute bourgeoisie juive vit retirée dans son domaine, tandis que s’appliquent les lois raciales fascistes.

Pourquoi le voir ? Ours d’or à Berlin et Oscar du meilleur film en langue étrangère, une élégie déchirante sur l’insouciance rattrapée par l’Histoire.

À savoir : D’après le roman de Giorgio Bassani (1962). L’écrivain a fait retirer son nom du générique, notamment parce que le film rend explicite une relation absente du livre. Une partie du tournage a eu lieu à Ferrare, au Castello Estense et au Palazzo dei Diamanti.

Affiche du film La Strada (Federico Fellini, 1954)

La Strada (1954)

Réalisateur : Federico Fellini.

Avec : Giulietta Masina (Gelsomina), Anthony Quinn (Zampanò), Richard Basehart (le Fou).

Synopsis : Gelsomina, jeune femme naïve, est vendue par sa mère à Zampanò, forain brutal, et le suit sur les routes d’une Italie misérable.

Pourquoi le voir ? Fable poétique et bouleversante, l’un des sommets de Fellini, premier film couronné par l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en compétition.

À savoir : Les producteurs voulaient Silvana Mangano et Burt Lancaster : Fellini a imposé Giulietta Masina, sa femme. À Venise en 1954, où le film reçoit un Lion d’argent, Franco Zeffirelli, assistant de Visconti, siffle le discours de Fellini et une bagarre éclate. Musique de Nino Rota.

Affiche du film Rome, ville ouverte (Roberto Rossellini, 1945)

Rome, ville ouverte (Roma città aperta) (1945)

Réalisateur : Roberto Rossellini.

Avec : Aldo Fabrizi (Don Pietro), Anna Magnani (Pina), Marcello Pagliero (Giorgio Manfredi).

Synopsis : Sous l’occupation nazie, à Rome, des résistants et un prêtre luttent au péril de leur vie.

Pourquoi le voir ? Le film qui a révélé le néoréalisme au monde, l’un des onze lauréats du Grand Prix au premier Festival de Cannes, en 1946.

À savoir : Tourné de janvier à juin 1945, quelques mois après la libération de Rome, en décors réels : Cinecittà était inutilisable. Faute de pellicule, l’équipe assemble des stocks de marques différentes. Don Pietro s’inspire de deux prêtres résistants, Pina de Teresa Gullace, tuée par les nazis. Au scénario, un jeune Federico Fellini.

Affiche du film Divorce à l'italienne (Pietro Germi, 1961)

Divorce à l’italienne (Divorzio all’italiana) (1961)

Réalisateur : Pietro Germi.

Avec : Marcello Mastroianni (le baron Ferdinando Cefalù), Daniela Rocca (Rosalia), Stefania Sandrelli (Angela).

Synopsis : Un baron sicilien, amoureux de sa jeune cousine, échafaude un plan pour se débarrasser de son épouse en toute impunité.

Pourquoi le voir ? La comédie à l’italienne à son apogée, Oscar du meilleur scénario original, Mastroianni irrésistible.

À savoir : L’expression « comédie à l’italienne » est née d’un détournement de son titre. Le film raille l’article 587 du code pénal, qui réduisait fortement la peine du « crime d’honneur » et ne sera abrogé qu’en 1981, dans une Italie où le divorce n’existe pas avant 1970. Mastroianni y décroche une nomination à l’Oscar du meilleur acteur.

Affiche du film Nous nous sommes tant aimés (Ettore Scola, 1974)

Nous nous sommes tant aimés (C’eravamo tanto amati) (1974)

Réalisateur : Ettore Scola.

Avec : Nino Manfredi (Antonio), Vittorio Gassman (Gianni), Stefania Sandrelli (Luciana), Stefano Satta Flores (Nicola).

Synopsis : Trois amis, unis dans la Résistance, voient leur amitié et leurs idéaux mis à l’épreuve par trente ans d’histoire italienne.

Pourquoi le voir ? Une fresque tendre et mélancolique, en forme d’hommage au cinéma italien d’après-guerre.

À savoir : Le passé est filmé en noir et blanc, le présent en couleurs. Fellini et Mastroianni y rejouent leur propre rôle sur le tournage de la scène de la fontaine de Trevi. Le film est dédié à Vittorio De Sica, mort pendant le mixage.

Affiche du film Les Nuits de Cabiria (Federico Fellini, 1957)

Les Nuits de Cabiria (Le notti di Cabiria) (1957)

Réalisateur : Federico Fellini.

Avec : Giulietta Masina (Cabiria), François Périer (Oscar), Amedeo Nazzari (Alberto Lazzari).

Synopsis : À Rome, une prostituée au grand cœur, éternelle optimiste, enchaîne les rencontres et les désillusions sans jamais renoncer à l’espoir.

Pourquoi le voir ? Prix d’interprétation à Cannes pour Giulietta Masina, Oscar du meilleur film en langue étrangère, un Fellini encore nourri par le néoréalisme.

À savoir : Cabiria est née d’une courte apparition du personnage dans Le Cheik blanc. Pier Paolo Pasolini a travaillé aux dialogues. Une séquence de sept minutes, coupée par la censure, n’a été rétablie qu’en 1998. Broadway en a tiré la comédie musicale Sweet Charity (1966), portée à l’écran par Bob Fosse en 1969.

Affiche du film Le Pigeon (Mario Monicelli, 1958)

Le Pigeon (I soliti ignoti) (1958)

Réalisateur : Mario Monicelli.

Avec : Vittorio Gassman (Peppe), Marcello Mastroianni (Tiberio), Renato Salvatori (Mario), Totò (Dante Cruciani), Claudia Cardinale (Carmelina).

Synopsis : Une bande de petits truands minables prépare le casse d’un mont-de-piété, avec une maladresse qui vire à la comédie.

Pourquoi le voir ? Acte fondateur de la comédie à l’italienne, hilarant et tendre, avec Gassman, Mastroianni et Totò.

À savoir : Monicelli voulait parodier Du rififi chez les hommes de Jules Dassin. Claudia Cardinale, pas encore âgée de vingt ans, y tient l’un de ses premiers rôles. Nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1959, il a inspiré Crackers de Louis Malle (1984) et Welcome to Collinwood des frères Russo (2002).

Affiche du film Senso (Luchino Visconti, 1954)

Senso (1954)

Réalisateur : Luchino Visconti.

Avec : Alida Valli (la comtesse Livia Serpieri), Farley Granger (le lieutenant Franz Mahler), Massimo Girotti (Roberto Ussoni).

Synopsis : En 1866, dans la Vénétie sous occupation autrichienne, une comtesse se laisse emporter par une passion destructrice pour un jeune officier ennemi.

Pourquoi le voir ? Premier film en couleurs de Visconti, mélodrame flamboyant d’une beauté picturale saisissante.

À savoir : D’après une nouvelle de Camillo Boito (1883). Le film s’ouvre à La Fenice, sur Le Trouvère de Verdi. Le chef opérateur G.R. Aldo meurt dans un accident pendant le tournage. La censure impose des coupes et refuse le titre voulu par Visconti, « Custoza », du nom d’une défaite italienne de 1866.

Affiche du film L'Argent de la vieille (Luigi Comencini, 1972)

L’Argent de la vieille (Lo scopone scientifico) (1972)

Réalisateur : Luigi Comencini.

Avec : Alberto Sordi (Peppino), Silvana Mangano (Antonia), Bette Davis (la milliardaire américaine), Joseph Cotten (George).

Synopsis : Chaque année, une richissime Américaine affronte aux cartes un couple pauvre d’un bidonville de Rome, qui rêve de la ruiner.

Pourquoi le voir ? Comédie sociale féroce sur l’argent et les classes, avec Sordi, Mangano et Bette Davis.

À savoir : Le jeu du titre original est le scopone scientifico, une variante de la scopa. Bette Davis n’apprend qu’une fois sur le plateau que ses dialogues seront tournés en italien. Silvana Mangano reçoit pour ce rôle le David di Donatello de la meilleure actrice.

Affiche du film L'Incompris (Luigi Comencini, 1966)

L’Incompris (Incompreso) (1966)

Réalisateur : Luigi Comencini.

Avec : Anthony Quayle (le consul Duncombe), Stefano Colagrande (Andrea), Simone Giannozzi (Milo).

Synopsis : À Florence, après la mort de leur mère, un consul britannique distingue mal la douleur de son fils aîné, qu’il croit indifférent.

Pourquoi le voir ? L’un des plus beaux films jamais tournés sur l’enfance et le malentendu familial.

À savoir : D’après le roman anglais de Florence Montgomery (1869). Très mal reçu en compétition à Cannes en 1967, le film est réhabilité à sa ressortie de 1978. Selon le critique Paolo Mereghetti, il ouvre une nouvelle période de Comencini, tournée vers l’enfance.

Affiche du film Umberto D. (Vittorio De Sica, 1952)

Umberto D. (1952)

Réalisateur : Vittorio De Sica.

Avec : Carlo Battisti (Umberto Domenico Ferrari), Maria Pia Casilio (Maria), Lina Gennari (la logeuse).

Synopsis : Un vieux fonctionnaire à la retraite, seul avec son chien, lutte contre la misère et l’indifférence pour garder sa chambre.

Pourquoi le voir ? L’un des derniers grands films du néoréalisme, d’une tendresse et d’une dignité déchirantes.

À savoir : Carlo Battisti était professeur de linguistique à l’université de Florence : c’est son unique rôle au cinéma. Giulio Andreotti, alors chargé du spectacle au gouvernement, reproche à De Sica de laver le linge sale de l’Italie en public. Ingmar Bergman disait l’avoir vu cent fois.

Affiche du film La Fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961)

La Fille à la valise (La ragazza con la valigia) (1961)

Réalisateur : Valerio Zurlini.

Avec : Claudia Cardinale (Aida), Jacques Perrin (Lorenzo), Corrado Pani (Marcello), Gian Maria Volonté (Piero).

Synopsis : Abandonnée par un séducteur, une jeune chanteuse est aidée en secret par le frère cadet de celui-ci, un adolescent de seize ans, qui s’éprend d’elle.

Pourquoi le voir ? Mélodrame délicat porté par une Claudia Cardinale lumineuse.

À savoir : Le film révèle Jacques Perrin au public. Claudia Cardinale y reçoit un David di Donatello en 1961. L’année suivante, Zurlini remporte le Lion d’or à Venise avec Journal intime, à égalité avec L’Enfance d’Ivan de Tarkovski.

Affiche du film L'Avventura (Michelangelo Antonioni, 1960)

L’Avventura (1960)

Réalisateur : Michelangelo Antonioni.

Avec : Monica Vitti (Claudia), Gabriele Ferzetti (Sandro), Lea Massari (Anna).

Synopsis : Lors d’une croisière, une jeune femme disparaît sur une île ; son amant et sa meilleure amie la cherchent, puis s’oublient l’un dans l’autre.

Pourquoi le voir ? Révolution du langage cinématographique, manifeste de la modernité au cinéma.

À savoir : Hué à sa projection à Cannes en 1960, le film est défendu le lendemain par une déclaration de 35 cinéastes et critiques, puis reçoit le Prix du jury. En 1962, le classement Sight and Sound le place deuxième, derrière Citizen Kane. Premier volet d’une trilogie avec La Nuit et L’Éclipse.

Affiche du film Mamma Roma (Pier Paolo Pasolini, 1962)

Mamma Roma (1962)

Réalisateur : Pier Paolo Pasolini.

Avec : Anna Magnani (Mamma Roma), Ettore Garofolo (Ettore), Franco Citti (Carmine).

Synopsis : Une ancienne prostituée tente de bâtir une vie respectable pour son fils dans la banlieue romaine, mais son passé la rattrape.

Pourquoi le voir ? Anna Magnani flamboyante dans l’un des grands films de Pasolini.

À savoir : Présenté à Venise en 1962, le film vaut à Pasolini une plainte pour obscénité, rejetée. Le plan final reprend la composition du Christ mort de Mantegna. Musique de Vivaldi, photographie de Tonino Delli Colli.

Par où commencer ?

Pour découvrir le néoréalisme : Le Voleur de bicyclette, puis Rome, ville ouverte.

Pour rire : Le Pigeon et Divorce à l’italienne.

Pour entrer dans l’univers de Fellini : La Strada, puis Les Nuits de Cabiria.

Pour la modernité : L’Avventura.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le néoréalisme italien ?

Un mouvement né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, de 1943 à 1952 environ. Ses cinéastes tournent en décors réels, souvent avec des acteurs non professionnels, et racontent les difficultés de l’après-guerre. Rome, ville ouverte, Le Voleur de bicyclette et Umberto D. en sont des exemples majeurs.

D'où vient l'expression "comédie à l'italienne" ?

Du titre Divorce à l’italienne de Pietro Germi (1961). Le genre avait pourtant commencé quelques années plus tôt, avec Le Pigeon de Mario Monicelli (1958).

Quel film italien a remporté le premier Oscar du meilleur film en langue étrangère ?

La Strada de Federico Fellini, en 1957, première année où ce prix est décerné en compétition. Auparavant, l’Académie remettait des Oscars d’honneur, dont un au Voleur de bicyclette en 1950.

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