18 octobre 2015

Mon roi de Maïwenn

Chronique d’une passion. Tel pourrait être le titre de ce film âpre et douloureux dans lequel Maïwenn observe une histoire d’amour au microscope : de l’insouciance de sa naissance au bruit et à la fureur qui entourent sa lente décomposition. Ceux qui avaient éprouvé la tentation de comparer son Polisse (2011) au Police de Maurice Pialat (1985), au-delà de l’homophonie troublante des titres, percevront dans Mon roi de lointains échos de Nous ne vieillirons pas ensemble (1972). Peut-être percevront-ils dans le prix d’interprétation cannois décerné à Emmanuelle Bercot un lointain écho de celui que refusa Jean Yanne en son temps. Sans doute parce que Maïwenn y raconte une histoire universelle, en montrant comment les ravages du temps transforment peu à peu qualités de l’autre en défauts rédhibitoires. Assigné par la mise en scène à une position inconfortable de témoin sinon de voyeur, le spectateur passe par des sentiments voisins de ceux des protagonistes, de la complicité à l’exaspération.

Jean-Philippe Guerand

Film français de Maïwenn (2015), avec Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Louis Garrel. 2h 10.

https://www.youtube.com/watch?v=gXhTQX8x-iM


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