10 octobre 2017

Numéro une de Tonie MARSHALL

La figure centrale de ce Numéro une est une femme. On s’en serait douté… Une femme au cœur d’enjeux de pouvoirs dès lors qu’elle est approchée pour devenir la première dirigeante d’une entreprise du CAC 40. Toute l’ambition du film est dès lors d’articuler deux discours autour de ce personnage ambitieux et même ambigu, interprété avec maestria par Emmanuelle DEVOS. Le premier sur le panier à crabes que constituent les cercles du pouvoir, d’autant plus (faussement) souriants, d’autant plus impitoyables que l’on s’approche du haut de la pyramide. Mais d’autres avant Tonie MARSHALL avaient montré le chemin tortueux qui mène au sommet de l’entreprise, y compris à Hollywood, quand Robert Wise nous offrait La Tour des ambitieux. Le second axe du film tourne naturellement autour du statut de la femme. Qui n’est au fond jamais regardée comme étant l’égale de l’homme, même si tout cela reste bien souvent dans le non-dit et le politiquement correct. Mais il est clair que l’hypocrisie est grande. Le film n’est pas didactique pour autant, en grande partie parce que le jeu d’Emmanuelle DEVOS permet de transcender ce que le scénario pourrait avoir de trop schématique. Le personnage reste un être de chair et de sang, dont nous mesurons l’ambition autant que les fêlures. Tonie MARSHALL est sans doute une cinéaste inégale, mais ses films, même mineurs, ne sont jamais indifférents. Numéro une est sans doute l’une de ses réussites les plus patentes, la moins contestable de Vénus beauté (Institut).

Critique d’Yves ALION

Film français de Tonie MARSHALL (2016), avec Emmanuelle DEVOS, Suzanne CLEMENT, Richard BERRY. 1h 50.

 


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